Réforme des services à l’enfance et à la famille des Premières Nations Rencontres de la représentante spéciale de la ministre en Alberta

Dans le cadre des réunions tenues en Alberta du 16 au 20 janvier 2017, la représentante spéciale de la ministre, Mme Wesley-Esquimaux, a rencontré divers intervenants et partenaires qui s'intéressent au processus de réforme des Services à l'enfance et à la famille des Premières Nations, notamment les suivants :

Les intervenants et les partenaires étaient invités à cerner ce qui devait être changé dans le Programme des services à l'enfance. Ce rapport présente un résumé des réunions tenues en Alberta par Mme Wesley-Esquimaux, en plus de souligner les enjeux et les constatations clés.

Organisations représentants les dirigeants des Premières Nations

Conseils tribaux et collectivités

  • Les Premières Nations estiment que le gouvernement devrait s'attaquer au manque de financement et offrir des programmes communautaires.
  • Les Premières Nations étudient des façons d'avoir compétence sur la protection de l'enfance, y compris par l'intermédiaire de lois des Premières Nations qui leur permettraient de devenir responsables de leurs propres services à l'enfance et à la famille.
  • On souhaite permettre aux Premières Nations de participer aux travaux du Comité d'étude de la législation de l'Alberta.
  • Il faut s'assurer que les collectivités prennent part à toute discussion sur les normes nationales de manière à ce que ces dernières reconnaissent les besoins et la réalité culturelle des familles des Premières Nations.
  • Les enfants et les jeunes des Premières Nations ont besoin de services peu importe où ils habitent, qu'ils vivent ou non dans des réserves.
  • On souhaite mettre en place un système qui suppose une approche globale en matière de services à l'enfance et à la famille, un système qui met l'accent sur le bien-être et qui offre du soutien pour divers services, notamment des cours sur l'art d'être parent et des services de consultation en santé mentale.
  • Les familles ont expliqué avoir peur d'aller chercher de l'aide puisqu'elles s'exposent à la possibilité qu'on leur enlève leurs enfants et, dans le système actuel, les familles obtiennent de l'aide uniquement quand l'enfant est inscrit dans le système de protection de l'enfance — les mécanismes de soutien en matière de prévention doivent pouvoir être offerts sans que les familles soient dans le système.
  • Il faut que certaines personnes dans les collectivités se consacrent à aider les familles pour les questions qui touchent les enfants et la famille (par exemple, une personne formée pourrait fournir des services de prévention en temps de crise afin d'éviter de plus amples perturbations familiales).
  • Il est important de permettre aux familles et aux enfants d'obtenir de l'aide des aînés et de cercles de soins communautaires pour soutenir les familles en crise.
  • Il faut assurer un suivi et offrir du soutien une fois que les familles sont réunies.
  • Il faut se doter d'infrastructures dans les collectivités pour les services à l'enfance et à la famille, y compris des bureaux pour les organismes, des centres de traitement familial et des refuges.
  • Le système de justice fonctionne selon une « perspective occidentale » et ne tient pas compte des réalités auxquelles sont confrontées les Premières Nations (par exemple, de nombreuses collectivités n'ont pas accès aux programmes et aux services auxquels les tribunaux leur ordonnent de participer).
  • Le financement devrait être le même que celui offert aux programmes hors des réserves.
  • On soulève des questions à savoir pourquoi les enfants sont retirés des collectivités et on propose des solutions de rechange, comme de retirer les parents de la maison pour leur permettre d'obtenir de l'aide et de se soigner.
  • On devrait offrir du soutien aux familles qui prennent un enfant sous tutelle privée, c'est-à-dire que les familles qui ont pris soin de façon continue d'un enfant pendant une certaine période peuvent demander d'obtenir la tutelle privée d'un enfant au lieu de recourir à l'adoption.
  • La réforme des services à l'enfance et à la famille doit être conforme aux appels à l'action lancés par la Commission de vérité et réconciliation ainsi qu'à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, qui est une déclaration exhaustive concernant les droits de la personne.
  • Il faut nouer une relation compatissante entre les gouvernements et les Premières Nations afin de rebâtir la confiance et soutenir le bien-être des enfants et des familles.

Représentants des organismes, travailleurs sociaux et travailleurs spécialistes du mieux-être

  • Les programmes de prévention sont importants pour aider les enfants à rester dans leur famille et dans leur collectivité.
  • Il faut offrir davantage de financement direct aux organismes pour qu'ils puissent améliorer les programmes de prévention.
  • Il est difficile d'attirer et de maintenir en poste le personnel en raison de l'importante charge de travail et du niveau élevé de stress associés à ces emplois; de plus, en raison du taux de roulement élevé, le personnel est incapable d'établir un lien avec les enfants et les familles et de nouer une réelle relation de confiance avec eux.
  • Il est difficile d'embaucher des travailleurs sociaux, notamment en raison de l'écart entre le salaire offert par les organismes des Premières Nations et celui des autres organismes.
  • Il faut offrir plus de programmes de formation aux Autochtones pour qu'ils puissent devenir des travailleurs sociaux.
  • On souhaite qu'il y ait une plus grande communication de renseignements concernant les approches prometteuses pour garder les familles unies et soutenir les organismes.
  • Il est suggéré de faire en sorte que les services à l'enfance ne cessent pas automatiquement lorsque les jeunes atteignent l'âge de 18 ans et d'adopter une approche souple pour aider les jeunes qui n'ont plus accès aux services à l'enfance en raison de leur âge à continuer leurs études jusqu'à l'obtention d'un diplôme postsecondaire ou jusqu'à ce qu'ils suivent une formation axée sur les compétences.
  • Le financement devrait être stable, prévisible et continu.
    • Actuellement, les échéanciers pour faire des propositions ne sont pas raisonnables et les groupes ne devraient pas avoir à refaire leurs propositions chaque année pour obtenir du financement pour les programmes visant à garder les familles unies.
  • Il faut financer les infrastructures pour les bâtiments et les bureaux afin d'avoir plus de travailleurs.
  • Il faut offrir plus de soutien ou embaucher une personne qui se consacrera à aider les personnes et les familles confrontées au système judiciaire.
  • Le financement devrait être fourni aux travailleurs communautaires pour qu'ils puissent organiser des activités culturelles destinées aux enfants et aux jeunes.
  • On souhaite qu'il y ait plus de soutien en santé mentale pour les enfants et les familles dans les réserves et à l'extérieur de celles-ci.
  • Les représentants des bandes devraient recevoir un financement adéquat étant donné leur rôle qui consiste à garder les enfants pris en charge en contact avec leur famille élargie et leur culture, ce qui favorise un sentiment d'appartenance chez l'enfant et l'encourage à retourner dans sa collectivité et à préserver sa culture une fois adulte.

Représentants du gouvernement de l'Alberta

  • Possibilité pour le gouvernement fédéral de collaborer avec les Premières Nations et le nouveau ministère provincial responsable de l'intervention auprès des enfants et du développement de la petite enfance.
  • L'entente sur la réforme de l'Alberta est unique et, en plus de permettre au gouvernement albertain de fournir des services dans les réserves et de les facturer au gouvernement fédéral, elle lui permet de combler les lacunes.
  • Il faut adopter une approche globale comprenant des mesures d'intervention précoce et de prévention qui tient compte de la pauvreté, de l'itinérance, des services pour les personnes handicapées, de la sécurité alimentaire et de l'eau potable.
  • Parfois, des familles font placer leurs enfants afin de pouvoir obtenir les services dont ils ont besoin.
  • Les fonctionnaires de la province étudient des façons de mieux soutenir les enfants et les familles des Premières Nations hors réserve qui ont besoin de services à l'enfance et à la famille adaptés à leur culture, et ils étudient également des façons de répondre à l'augmentation du nombre de membres des Premières Nations déménageant dans les centres urbains.
  • Les fonctionnaires de la province étudient des façons de créer des programmes dans les collectivités dirigés par les Autochtones et soutenus par les aînés.
  • Il faut répondre aux besoins particuliers des collectivités éloignées des Premières Nations, puisque ces collectivités sont confrontées à des défis spéciaux, tels que le manque de services et le manque d'infrastructures pour offrir les programmes des services à l'enfance et à la famille.

Défenseur des droits des enfants

  • Les systèmes doivent se concentrer sur l'aide offerte aux enfants.
  • Un bureau urbain faciliterait l'établissement d'un lien entre la ville et les collectivités et permettrait aux enfants de développer un sentiment d'appartenance avec leur culture et leur langue.
  • Il faut combler les lacunes en matière de services de consultation pour les problèmes de toxicomanie et de désintoxication destinés aux parents afin de les aider à conserver la garde de leurs enfants.
  • Il faut investir dans l'éducation et l'apprentissage continu des parents et des enfants.
  • Il faut modifier la relation entre les gouvernements et les collectivités des Premières Nations si l'on veut changer les choses.

Principaux thèmes

Un certain nombre de thèmes sont ressortis des discussions avec les intervenants et les partenaires :

  • Les questions relatives à la compétence et au contrôle des services à l'enfance et à la famille sont des questions touchant le bien-être des enfants et des familles des Premières Nations partout en Alberta.
  • On demande à ce que soient créées une législation ou des normes de soins nationales visant les Premières Nations afin d'aider une collectivité ou un groupe de collectivités ou d'autres organisations à prendre en charge la prestation des services à l'enfance et à la famille.
  • On s'attend à ce que soit noué un partenariat d'égal à égal lors de l'élaboration des politiques, des programmes et des lois pour les membres des Premières Nations, notamment sur la manière de réformer le Programme des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations.
  • Il faut un financement suffisant et stable pour élaborer et offrir de façon constante et efficace des programmes de prévention afin de permettre aux familles et aux enfants de demeurer ensemble et de garder un lien avec leur culture et leur langue.
  • Les collectivités des Premières Nations doivent diriger l'élaboration et la mise en œuvre de programmes familiaux et parentaux adaptés sur le plan culturel et tenant compte des traumatismes subis afin d'aider les familles à composer avec leurs problèmes et à rester ensemble.
  • Il faut se pencher sur les mécanismes de soutien urbains, étant donné que les enfants issus des Premières Nations sont souvent placés dans des centres urbains.
  • Il faut des ressources d'infrastructure pour les bureaux, les bâtiments et les refuges pour les familles et les enfants en situation de crise.
  • La mise en place de mesures de soutien supplémentaires pour les jeunes qui ne sont plus pris en charge du fait de leur âge est nécessaire pour éviter qu'ils décrochent et pour leur offrir des solutions plus positives pour leur avenir.
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