Réforme du Programme des services à l’enfance et à la famille des Premières Nations : Réunions de la représentante spéciale de la ministre en Colombie-Britannique

La représentante spéciale de la ministre, Mme Wesley-Esquimaux, a rencontré des intervenants et des partenaires qui s'intéressent au processus de réforme des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations. Les réunions ont eu lieu du 22 au 30 novembre 2016 en Colombie-Britannique. Parmi les intervenants rencontrés :

On a demandé aux intervenants et aux partenaires d'indiquer ce qui, selon eux, devait être changé dans le Programme des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations. Le présent rapport contient un sommaire des réunions que Mme Wesley-Esquimaux a tenues en Colombie-Britannique et présente les questions et les conclusions principales qui sont ressorties de ces réunions.

Principaux thèmes

Jeunes

  • Recevoir l'appui de personnes autochtones de leur âge, et avoir accès à des mentors et à du soutien par les pairs en personne ou en ligne.
  • Il faut donner aux enfants pris en charge des moyens sécuritaires de maintenir des liens avec leur identité culturelle et avec leur collectivité (ou avec une autre collectivité autochtone s'il n'existe aucun lien sécuritaire avec celle d'origine).
  • Contrairement à l'approche actuelle, il faut concevoir des services de soutien culturel et des activités qui aideront les jeunes pris en charge à créer des liens avec la culture ou à la collectivité qui sont les leurs.
  • Les familles d'accueil, particulièrement celles qui ne sont pas d'origine autochtone, doivent recevoir une formation culturelle afin d'être en mesure d'aider les enfants autochtones qu'elles accueillent à conserver des liens avec leur culture.
  • Améliorer les processus d'évaluation des familles d'accueil.
  • Il faudrait que les familles et le système de prise en charge comprennent mieux les jeunes bispirituels et transgenres pour mieux répondre à leurs besoins.
  • Il faut embaucher des travailleurs sociaux autochtones ou donner une formation sur les réalités culturelles à ceux qui ne le sont pas.
  • Les enfants pris en charge ne doivent pas être séparés de leurs frères et de leurs sœurs, si cela et sécuritaire.
  • Les jeunes pris en charge ne doivent pas être forcés d'aller à l'église s'ils ne le veulent pas.
  • Les jeunes qui ont dépassé l'âge de la prise en charge doivent recevoir du soutien financier pour aller à l'école et combler leurs autres besoins de base (par exemple, le logement).
  • Il faut créer des lignes téléphoniques pour les jeunes pris en charge, car de nombreux jeunes sont trop intimidés pour se présenter à un bureau de services.
  • Il faudrait des programmes d'art-thérapie pour les enfants et les jeunes pris en charge.

Organisations représentatives des Premières Nations

  • Les collectivités et les organisations des Premières Nations souhaitent mettre sur pied, diriger et gérer leurs propres programmes de services à l'enfance et à la famille.
  • Il est nécessaire d'adopter une loi ou d'établir des normes nationales pour les services à l'enfance et à la famille des Premières Nations qui tiennent compte des perspectives des Autochtones et de leur culture.
  • On souhaite que les programmes de services à l'enfance et à la famille mettent l'accent sur trois grands domaines :
    • gestion des causes sous-jacentes de la prise en charge des enfants (prévention);
    • renforcement des familles;
    • appui aux personnes et aux familles pour les aider à se réapproprier leur culture.
  • Il faut embaucher davantage de travailleurs autochtones ou de travailleurs sociaux qui ont de l'expérience auprès des Autochtones et des personnes ayant vécu un traumatisme.
  • Il faut appuyer la prise en charge par des membres de la famille, par exemple, verser des fonds à la famille élargie pour l'aider à s'occuper d'un enfant dont elle a la charge.

Collectivités des Premières Nations et conseils tribaux

  • Les fonds doivent être versés à des conseils tribaux ou à des groupes de Premières Nations qui assureront la prestation des services à l'enfance et à la famille, plutôt qu'à des fournisseurs externes.
  • Les Premières Nations étudient la possibilité de conclure des ententes d'autonomie gouvernementale qui leur permettraient de gérer leurs propres programmes de services à l'enfance et à la famille.
  • Adopter une loi fédérale sur les services à l'enfance et à la famille et veiller à ce qu'elle mette l'accent sur l'aide aux familles.
  • Nous devons veiller à ce que les collectivités participent aux discussions sur l'établissement de normes nationales afin que ces dernières soient adaptées aux réalités culturelles et aux besoins des familles des Premières Nations.
  • Les enfants et les jeunes des collectivités doivent recevoir les services dont ils ont besoin peu importe où ils vivent, que ce soit dans une réserve ou ailleurs.
  • Instaurer une approche globale des services à l'enfance et à la famille qui met l'accent sur le mieux-être et prévoit de nombreux services, dont des cours sur le rôle de parents et du counseling en santé mentale.
  • Comme la forte représentation des Autochtones dans le système de justice a des répercussions sur la vie des enfants et des familles des Premières Nations, on doit tenir compte du système de justice pénale dans la réforme du programme.
  • Aider les enfants des Premières Nations qui ont dû quitter leur collectivité à conserver des liens avec leur culture, soit en les ramenant dans leur collectivité pour des visites ou, s'il n'est pas possible de le faire de façon sécuritaire, en organisant des visites dans d'autres collectivités des Premières Nations.
  • Faire en sorte que les travailleurs sociaux des bandes et de la province collaborent.
  • L'aide des aînés est très importante pour les familles et les enfants.
  • Les familles en crise ont besoin de cercles de soins.
  • Il doit y avoir, dans les collectivités, des personnes chargées d'aider les familles en ce qui a trait aux services à l'enfance et à la famille.
  • Il faut se doter d'infrastructures dans les collectivités pour les services à l'enfance et à la famille, y compris des bureaux pour les organismes, des centres de traitement familial et des refuges.
  • La réforme doit être fondée sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
  • Les activités de réforme doivent concorder avec les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation.

Organismes d'aide à l'enfance

  • Les programmes de prévention sont importants pour aider les enfants à demeurer dans leur foyer et dans leur collectivité.
  • Les fournisseurs de services ont besoin d'un financement direct accru afin d'améliorer les programmes de prévention.
  • Il faut échanger davantage d'information au sujet des approches axées sur la prévention qui permettent de garder les familles unies.
  • Les jeunes devraient être pris en charge pendant plus longtemps.
  • Pour garder les familles unies, il est nécessaire d'établir un financement stable, prévisible et continu plutôt que de lancer des appels de propositions annuels.
  • Il est difficile d'embaucher des travailleurs sociaux.
  • Les fournisseurs de services des Premières Nations doivent offrir aux travailleurs sociaux le même salaire que les autres fournisseurs.
  • Il faut investir dans l'infrastructure (bâtiments et bureaux) pour attirer les travailleurs.
  • Les personnes et les familles qui ont des démêlés avec le système de justice ont besoin d'un soutien accru ou d'une personne ressource.

Travailleurs sociaux et travailleurs du mieux-être

  • Il faut élargir les programmes de protection de la jeunesse afin qu'ils englobent la notion de bien-être de l'enfance, car les programmes actuels sont trop centrés sur la prévision et la prévention.
  • Il faut accorder aux travailleurs communautaires davantage de fonds afin qu'ils puissent organiser des activités destinées aux enfants et aux jeunes.
  • Il faut offrir plus de programmes de formation en travail social aux Autochtones.
  • On doit offrir davantage de soutien en santé mentale aux enfants et aux familles dans les réserves et à l'extérieur.

Province

  • Le gouvernement provincial appuie les travaux de réforme des services à l'enfance et à la famille entrepris par le gouvernement fédéral ainsi que le contrôle accru exercé par les Premières Nations à l'égard de leurs services à l'enfance et à la famille.
  • Des discussions sont en cours avec les représentants des Premières Nations afin de modifier les lois provinciales sur la protection de la jeunesse.
  • Le gouvernement provincial étudie divers moyens de mieux appuyer les enfants et les familles des Premières Nations vivant à l'extérieur des réserves qui ont besoin de services à l'enfance et à la famille, y compris les enfants métis.
  • Discuter des besoins spéciaux des collectivités des Premières Nations isolées, car ces dernières doivent composer avec des difficultés particulières, notamment le manque de services et le manque d'infrastructures pour les programmes de services à l'enfance et à la famille.

Défenseur des droits des enfants

  • Il faut établir des normes nationales pour les services à l'enfance et à la famille dans les réserves.
  • On demande de nommer un commissaire national aux services à l'enfance et à la famille.
  • Les jeunes qui ne sont plus pris en charge en raison de leur âge doivent recevoir davantage de soutien et de services.
  • On préfère que les familles qui adoptent des enfants selon des ententes coutumières plutôt que par l'intermédiaire des tribunaux profitent d'un financement à la suite de ces adoptions.

Thèmes principaux

Un certain nombre de thèmes sont ressortis des discussions avec les intervenants et les partenaires :

  • Les questions relatives à la compétence au contrôle touchent les services à l'enfance et à la famille des Premières Nations dans l'ensemble de la Colombie-Britannique.
  • On demande d'adopter une législation ou des normes de soin nationales en vue de permettre aux collectivités, à des groupes de collectivités ou à d'autres organisations d'assumer la responsabilité des services à l'enfance et à la famille, et de permettre aux Autochtones de prendre part à leur élaboration.
  • Il est important de trouver des moyens permettant aux enfants de rester dans leur famille, dans la mesure du possible, et de conserver un lien avec leur culture et leur collectivité.
  • Les collectivités autochtones doivent offrir des programmes de guérison et de prévention holistiques pour aider les familles à régler leurs problèmes et à demeurer unies.
  • Il faut des ressources d'infrastructure pour pouvoir offrir des bureaux, des immeubles et des refuges aux familles et aux enfants en période de crise.
  • Mieux soutenir les jeunes qui ne sont plus pris en charge en raison de leur âge.
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