SAC et le gouvernement du Nunavut s’associent pour financer un programme de traitement mobile de la toxicomanie

Nellie Hogaluk et sa mère, photo prise au moment de partir en traitement.

Nellie Hogaluk voulait se libérer de sa dépendance à l'alcool. Elle a trouvé les réponses à son problème sur ses propres terres.

Nellie Hogaluk, 28 ans, était allée voir l'infirmière en santé mentale de Cambridge Bay, au Nunavut, mais cela ne l'aidait pas et elle a cessé d'aller à ses rendez-vous. Aussi, l'option de voyager vers un centre de traitement dans le Sud était trop intimidante. « Je ne pouvais pas m'imaginer quitter ma communauté parce que je me serais sentie déconnectée de tout. »

Sa grand-mère et sa tante lui ont alors parlé d'un programme de traitement mobile où elle pourrait aller passer 28 jours en plein air dans un campement près de Cambridge Bay. « J'ai dit : ‟J'en ai assez de vivre de cette façon. Je veux suivre ce programme de traitement parce que c'est sur nos terres, et je n'ai pas à prendre l'avion et m'éloigner de ma communauté. " »

Plus d'un an après, Nellie Hagaluk recommande le programme à d'autres, travaillant bénévolement aux assemblées des Alcooliques anonymes, dont elle est la présidente. Préposée aux ressources humaines pour le gouvernement du Nunavut, elle est également membre du conseil local et redonne à la communauté à titre de bénévole.

Janet Stafford-Brenton, directrice du bien-être communautaire à Cambridge Bay, a imaginé et conçu un programme saisonnier ne nécessitant pas la construction d'une installation de traitement et pouvant être mis sur pied rapidement. Les participants vivent dans des tentes en toile posées sur une armature de bois (comme celles que les Inuit utilisent lorsqu'ils se déplacent sur le territoire durant l'été) et ils peuvent parler l'inuinnaqtun.

Financé par Services aux Autochtones Canada, le gouvernement territorial du Nunavut et une organisation de revendications territoriales, le programme en est à sa troisième année d'exploitation, a eu 5 admissions et a traité 18 participants. Janet Stafford-Brenton espère que le programme pourra s'étendre aux régions de Rankin Inlet et de l'île de Baffin.

« C'est peut-être l'air frais ou la connexion avec la nuna (la terre), mais cela a vraiment fait toute la différence. À la fin des 28 jours, plusieurs des participants ne voulaient plus retourner chez eux » selon Janet Stafford-Brenton.

Janet Stafford-Brenton est consciente que le suivi avec le personnel de soutien inuit est essentiel. Le stress et les situations malsaines mettent de la pression sur les participants une fois rentrés chez eux. Le programme aide donc les participants à s'impliquer dans des événements communautaires et culturels, pour leur rappeler qu'ils appartiennent à la communauté et qu'ils lui sont utiles. Le programme prévoit également pour les participants des visites d'appoint sur les terres afin de leur permettre de se reconnecter avec eux-mêmes, les autres et le territoire.

« L'abstinence est l'idéal et c'est aussi ce à quoi on s'attend, explique Janet Stafford-Brenton. C'est une question de réduction des dommages, de prise de conscience et d'initiation au processus de guérison. »

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