Plan de gestion des urgences de la région de l'Ontario
Table des matières
- Introduction
- Portée
- Contexte régional en matière de risque
- Profil régional
- Évaluation des risques en Ontario
- Lois, autorités, ententes et règlements régionaux
- Approche dirigée par les Autochtones
- Mécanismes de communication et d’échange d’information
- Services d’urgence adaptés à la culture en Ontario
Introduction
Les plans régionaux de gestion des urgences de Services aux Autochtones Canada (SAC) donnent un aperçu des rôles et responsabilités des bureaux régionaux de SAC et du personnel régional en matière de soutien à la gestion des urgences des Premières Nations. Le présent plan décrit les responsabilités du bureau régional de l’Ontario, ainsi que ses relations avec les Premières Nations, les organisations dirigées par des Autochtones, le gouvernement provincial et les organisations non gouvernementales qui participent à des activités de gestion des urgences au bénéfice des communautés des Premières Nations.
Ce plan appuie le Plan national de gestion des urgences tous risques de SAC en précisant, pour la région :
- les risques et les dangers;
- les mécanismes de communication et d’échange d’information;
- la méthode utilisée par le bureau régional de SAC en Ontario pour travailler avec les fournisseurs de services et les Premières Nations afin de s’assurer que les services d’urgence sont adaptés à la culture.
Tout comme le Plan national de gestion des urgences de SAC, le présent document ne vise pas à remplacer les procédures et les plans des Premières Nations, des provinces, des territoires, des régions ou des communautés. Il vient plutôt les compléter et peut servir à éclairer la prise de décisions et de mesures concrètes visant à soutenir les communautés des Premières Nations en situation d’urgence.
Le Plan d’urgence tous risques de la région de l’Ontario adopte une approche globale dirigée par les Autochtones, qui reconnaît le droit des Premières Nations à l’autonomie gouvernementale. Cette approche repose sur un partenariat égalitaire avec les Premières Nations, ce qui contribue à renforcer leurs capacités et leur autonomie et à mettre en œuvre des solutions adaptées à chaque communauté, sous la direction du chef et des conseillers.
Ce plan régional se veut un document évolutif qui sera révisé et mis à jour au moins tous les deux ans, ou à la suite de changements importants dans les mandats ou les rôles et responsabilités.
Portée
Le Plan régional de gestion des urgences de l’Ontario regroupe les activités relevant des quatre piliers de la gestion des urgences, soit l’atténuation, la préparation, l’intervention et le rétablissement. Il s’applique aux terres de réserve (telles que définies dans la Loi sur les Indiens) situées en Ontario.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la portée, veuillez consulter le Plan national de gestion des urgences tous risques de SAC.
Contexte régional en matière de risque
Le contexte de risque du Canada comprend un large éventail de dangers naturels et anthropiques. Il s’agit notamment des risques associés aux feux de forêt, aux inondations, aux déversements de matières dangereuses, aux accidents, aux séismes, aux ouragans, aux tornades, aux éclosions de maladies, aux pannes de courant, aux incidents cybernétiques et au terrorisme.
Les Premières Nations en Ontario sont réparties dans diverses zones géologiques et climatiques, et sont exposées à des dangers variés selon leur emplacement géographique. De nombreuses communautés sont vulnérables en raison de leur isolement, de leurs conditions socioéconomiques défavorables et des leurs capacités d’intervention d’urgence limitées. Une gestion efficace requiert la mise en œuvre des quatre piliers de la gestion des urgences aux niveaux fédéral, régional, provincial ou territorial, et communautaire.
Profil régional
La région de l’Ontario, comme le reste du Canada, subit les effets complexes du changement climatique, tels que les phénomènes météorologiques violents, les maladies à transmission vectorielle, l’insécurité alimentaire et les urgences de santé publique liées au climat. Les Premières Nations ont été — et demeurent — disproportionnellement touchées par la fréquence et l’intensité accrues des situations d’urgence dans l’ensemble du pays.
Au cours des dernières années, les communautés des Premières Nations en Ontario — particulièrement dans le nord de la province — ont été touchées de façon importante et croissante par des catastrophes naturelles, notamment des inondations, des tempêtes violentes, des incendies de forêt et des températures extrêmes. En 2021, il y a eu 1 198 incendies de forêt, 3 780 personnes évacuées et une superficie record de terres brûlées.
L’Ontario abrite la plus grande proportion de Premières Nations au Canada, soit 24,2 %. Cent trente-trois (133) communautés des Premières Nations sont réparties dans la province; elles représentent au moins sept (7) grands groupes culturels et linguistiques. Ces communautés se situent dans des milieux urbains, ruraux ou éloignés, où l’accès aux services et aux ressources d’urgence est limité. Elles présentent divers niveaux d’expérience en matière de planification de la gestion des urgences, de capacités, de proximité des services et mesures de soutien, ainsi que d’équipement d’intervention. Cinq des vingt plus grandes bandes au Canada se trouvent en Ontario, dont les Six Nations, la plus importante, avec plus de 10 000 membres.
Parmi les centres urbains qui comptent d’importantes populations autochtones vivant hors réserve, mentionnons Thunder Bay, Sudbury, Sault Ste. Marie, Timmins, Ottawa et Toronto.
Plus de 30 communautés des Premières Nations en Ontario sont considérées comme éloignées et isolées. C’est plus que partout ailleurs au pays. Ces communautés sont situées dans des forêts boréales denses et à proximité de lacs et sont accessibles par voie aérienne toute l’année ou par route de glace une partie de l’année. Les communautés éloignées ont besoin de plus de ressources et d’infrastructures pour intervenir efficacement et atténuer les effets des situations d’urgence, ce qui exige une planification rigoureuse et une coordination soutenue afin d’assurer leur sécurité.
Évaluation des risques en Ontario
Dangers potentiels
Ces dangers incluent des phénomènes naturels et d’origine humaine :
- Les catastrophes naturelles, telles que les inondations, les incendies, les tornades et les tempêtes présentent des risques. Les organismes de l'Ontario assurent la surveillance et la prévision des risques d'inondation et informent régulièrement les communautés concernées.
- Les rejets de produits chimiques dangereux attribuables : les déraillements de train et la pollution industrielle peuvent entraîner des déversements de gaz, de pétrole ou d'autres substances dangereuses. Dans les années 1960 et 1970, les Premières Nations de Grassy Narrows (Asubpeeschoseewagong Netum Anishinabek) et de Wabaseemoong ont été exposées à une contamination au mercure causée par des rejets industriels dans la rivière Wabigoon, située à proximité. Les communautés continuent d'en gérer les répercussions sanitaires et économiques. En juillet 2021, SAC a signé un accord pour appuyer la construction et l'exploitation d'un centre de soins pour les victimes d'empoisonnement au mercure qui fournit des soins de santé spécialisés aux résidents en fonction de leurs besoins particuliers.
- Les urgences nucléaires : en Ontario, les centrales nucléaires sont souvent situées à proximité de communautés des Premières Nations. Les exploitants et les municipalités doivent intégrer ces communautés aux activités de planification des mesures d'urgence. La centrale nucléaire Bruce Power est la plus grande installation nucléaire au Canada. Elle se trouve à proximité de la Première Nation de Saugeen et de la Première Nation des Chippewas de Nawash. En 2023, des projets d'expansion ont été annoncés, de même qu'une mobilisation communautaire continue.
- Les défaillances d'infrastructures essentielles — notamment les pannes d'électricité, les bris de barrages, de digues et d'usines de traitement de l'eau — ont entraîné des avis d'ébullition d'eau à long terme, des contaminations de sources d'eau, des inondations et des pannes de courant.
- Les urgences de santé environnementale et publique, notamment les problèmes liés à la qualité de l'eau potable, à la qualité de l'air dans les habitations et aux maladies transmissibles d'origine environnementale (p. ex., E. coli, blastomycose).
- Les urgences liées aux maladies transmissibles : l'Unité de protection de la santé (UPS) recueille des données sur les maladies transmissibles à déclaration obligatoire dans la province et surveille les tendances afin d'intervenir adéquatement lors d'éclosions et d'autres situations d'urgence (p. ex., grippe, COVID‑19). Par le passé, l'UPS est intervenue lors d'éclosions de maladies évitables par la vaccination (p. ex., rougeole, oreillons, coqueluche), de pandémies (p. ex., grippe, COVID‑19), de maladies respiratoires (p. ex., tuberculose), et d'infections transmissibles sexuellement et par le sang (p. ex., hépatite C, syphilis).
- Les urgences en matière de santé mentale : ces dernières années, la région de l'Ontario a connu une augmentation des cas d'idées suicidaires et de tentatives de suicide. La région est intervenue dans le cadre de « pactes de suicide » et de « vagues de suicides », des termes désignant des situations où deux personnes ou plus planifient conjointement un suicide. Des groupes de jeunes ont été impliqués dans ces événements, ce qui a entraîné une grande détresse dans l'ensemble de la communauté. La crise des opioïdes et le mésusage ou l'abus de substances ont également contribué à l'augmentation de ces cas, ainsi qu'à la hausse des événements liés à la sécurité.
Analyse des risques
Les évaluations régionales des risques en matière de gestion des urgences reposent sur diverses sources de données, notamment les bases de données régionales, les rapports des organisations représentatives autochtones, les outils provinciaux et fédéraux et les consultations communautaires. Ces outils permettent d’analyser les risques liés aux inondations, aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux enjeux de santé publique.
En 2024, SAC a mis en œuvre une approche fondée sur les risques pour s’assurer que le soutien en matière de gestion des urgences est accordé à ceux qui en ont le plus besoin. Au niveau communautaire, les coordinateurs de la gestion des urgences collaborent avec les partenaires du secteur de la santé pour classer la vulnérabilité des membres de la communauté en vue d’éventuelles évacuations. Les plans de gestion des urgences des communautés permettent également d’évaluer les risques locaux.
Lois, autorités, ententes et règlements régionaux
Le cadre opérationnel appliqué lors d’une situation d’urgence repose sur le Système de gestion des incidents (SGI). Ce cadre intègre à la fois le personnel de Gestion des situations d’urgence Ontario et les organisations ministérielles, provinciales, fédérales et autres dans un seul système, comme l’exige le commandant du Centre provincial des opérations d’urgence (CPOU). Le SGI de l’Ontario fournit des structures organisationnelles, des fonctions, des processus et une terminologie uniformisés pour l’ensemble des niveaux de l’intervention en cas d’urgence.
Le CPOU coordonnera également des réunions pour examiner la situation actuelle, les besoins de la communauté des Premières Nations et les défis ou dispositions propres aux organisations participantes, au besoin, selon le cycle opérationnel établi. Gestion des situations d’urgence Ontario, y compris le CPOU, consultera les dirigeants de la communauté afin de confirmer l’approche de communication, y compris le déroulement des réunions, de manière à répondre adéquatement aux besoins de la communauté.
Structure de gouvernance
La structure de gouvernance de la gestion des urgences de SAC cadre avec celle du gouvernement du Canada, telle qu’elle est décrite dans le Plan fédéral d’intervention d’urgence, lequel prévoit la mobilisation, dans toute la mesure du possible, des structures de gouvernance existantes pour répondre à une situation d’urgence. La structure de gouvernance fédérale, qui reproduit la structure des organes de gouvernance provinciaux, comprend le Comité des opérations du Cabinet, le Comité des sous-ministres sur la sécurité nationale, et le Comité des sous-ministres adjoints sur les opérations de sécurité nationale.
Fédéral
Le Plan de gestion des urgences tous risques de la région de l’Ontario s’inscrit dans le cadre des autorités et des exigences législatives acceptées par la ministre des Services aux Autochtones pour soutenir la gestion des urgences dans les communautés des Premières Nations. La responsabilité de gestion des urgences incombe à tous les ordres de gouvernement, c.-à-d. fédéral, provincial, territorial et des Premières Nations.
Les lois fédérales applicables sont, notamment, les suivantes :
- Loi sur le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile
- Loi sur la gestion des urgences (1995)
- Loi sur la gestion des urgences (2007)
- Loi sur le ministère des Services aux Autochtones, paragraphe 6 (2019).
- Loi constitutionnelle de 1867
- Loi sur les pêches (1985)
Provincial
- Loi sur la protection civile et la gestion des situations d’urgence (LPCGSU) de l’Ontario
- Loi sur la protection et la promotion de la santé (LPPS)
- Loi sur l’immunisation des élèves (LIE)
- Loi sur la protection des renseignements personnels sur la santé (LPRPS)
Municipal
Les municipalités de l’Ontario ont la responsabilité législative et réglementaire d’établir des programmes de gestion des urgences en vertu de la LPCGSU. La LPCGSU définit également les relations entre la province et les municipalités en cas de situations d’urgence réelles.
Approches dirigées par les Autochtones
En 2022, le bureau régional de l’Ontario a mis en œuvre une approche dirigée par les Autochtones pour les évacuations d’urgence, délaissant ainsi les méthodes dirigées par le gouvernement. Cette approche prévoit la tenue d’un appel de commandement conjoint dirigé par les communautés des Premières Nations, avec le soutien des autorités provinciales et fédérales. Elle contribue à renforcer les capacités et l’autonomie des communautés en matière de gestion des urgences, en intégrant les connaissances locales et des services adaptés à la culture.
Lorsqu’un soutien externe est nécessaire, l’approche d’« accès universel » permet d’activer l’appel de commandement conjoint, puis d’évaluer les risques et de prendre des décisions éclairées en matière d’évacuation. Ce modèle renforce la reconnaissance des Premières Nations en tant que partenaires à part entière dans la prise de décisions en matière d’intervention d’urgence, simplifie les processus et facilite l’accès au soutien, contribuant ainsi à renforcer la résilience collective grâce à la collaboration.
Le bureau régional de SAC en Ontario offre un soutien aux organisations des Premières Nations pour la prestation de services liés à la gestion des urgences. Les conseils tribaux et les organisations autochtones représentatives coordonnent les ressources supplémentaires et appuient le renforcement des capacités pendant les situations d’urgence, en assurant la formation et la défense des intérêts des communautés des Premières Nations. Ces initiatives illustrent la transition vers des services de gestion des urgences dirigés par les Autochtones.
Équipe régionale de gestion des urgences (GU) de SAC en Ontario
L’équipe de GU de SAC en Ontario est chargée d’informer le Centre des opérations de l’administration centrale des activités ou événements d’urgence dans la région. Elle doit également s’assurer d’établir et de maintenir des relations hiérarchiques avec :
- les communautés des Premières Nations
- le Centre provincial des opérations d'urgence
- Sécurité publique Canada
- les organisations non gouvernementales
- les représentants du secteur privé
- les organisations autochtones
- les organisations bénévoles
- les administrations locales (municipalités)
Unité de gestion des urgences sanitaires (GUS) de SAC
L’Unité de GUS est une division du Programme d’aide à la gestion des urgences (PAGU) de la Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuit. Elle fournit un soutien à la coordination des urgences sanitaires et sociales aux communautés des Premières Nations dans le cadre d’une approche tous risques.
Les fonds pour la gestion des urgences sanitaires servent à rembourser les Premières Nations et les fournisseurs de services de gestion des urgences pour les activités menées dans les réserves et dans d’autres communautés des Premières Nations admissibles, notamment pour :
- les urgences de santé publique, telles que la propagation de maladies transmissibles, les pandémies, la contamination des aliments et de l’eau, les risques environnementaux et d’autres urgences sanitaires, telles que les vagues de suicides et la crise des opioïdes;
- les aspects sanitaires des catastrophes naturelles, dont des risques liés à la continuité de la prestation des soins de santé aux personnes ayant déjà des problèmes de santé, ainsi que les conséquences des évacuations et des situations d’urgence sur la santé publique et le mieux-être mental.
Organisation provinciale de gestion des urgences
Gestion des situations d’urgence Ontario (GSUO), sous la responsabilité du Secrétariat du Conseil du Trésor (Ontario), administre les programmes d’urgence et assure des fonctions d’intervention auprès des Premières Nations dans le cadre d’ententes conclues avec SAC.
Lorsqu’une Première Nation demande une évacuation, le CPOU coordonne l’intervention avec divers partenaires afin d’assurer une évacuation et un retour en toute sécurité. L’équipe de gestion des incidents du CPOU mobilise les municipalités et les Premières Nations en Ontario pour agir à titre de communautés d’accueil et de centres de transport. Pour les évacuations de longue durée, SAC collabore avec le ministère des Richesses naturelles et les communautés d’accueil pour coordonner les retours. Le CPOU peut déployer le personnel de GSUO en tant qu’agents de liaison et conseillers pour aider les Premières Nations et les communautés d’accueil concernées, que ce soit virtuellement ou en personne. Des représentants de SAC peuvent également jouer des rôles similaires pour le gouvernement fédéral, en assurant un soutien global durant les situations d’urgence.
Activités
Dans le cadre des activités quotidiennes non urgentes, le personnel régional chargé de la gestion des urgences est responsable de la surveillance, de la validation, de la production de rapports et de la réponse initiale aux événements présentant un intérêt pour SAC. Lors d’une situation d’urgence ayant des répercussions sur SAC, le personnel chargé de la gestion des urgences est le premier point de contact et gère les opérations immédiates requises par la situation d’urgence. Il reçoit, hiérarchise, distribue et enregistre également toute l’information entrante relative aux urgences ou aux problèmes susceptibles de devenir des urgences.
Planification
Le personnel régional de gestion des urgences de SAC est chargé de veiller à ce que les plans de gestion des urgences soient élaborés, tenus à jour et diffusés. Il est responsable de l’établissement de politiques et de procédures liées à la gestion des urgences au sein de SAC, ainsi que des fonctions de connaissance de la situation, qui englobent l’examen et l’analyse de l’information transmise au Centre des opérations par divers intervenants internes et externes.
En outre, le personnel chargé de la planification examine les exigences actuelles et futures en matière de gestion des urgences, y compris les évaluations des risques, afin de déterminer le niveau de risque et l’impact potentiel d’une urgence. Au niveau communautaire, des postes de coordinateurs de la gestion des urgences sont financés afin de travailler avec les communautés à l’ensemble des aspects de la gestion des urgences, tels que l’élaboration et la mise à jour des plans de gestion des urgences.
Logistique
Le personnel régional de gestion des urgences de SAC appuie la coordination des ressources humaines et matérielles des Premières Nations (p. ex., les installations, l’équipement, le carburant, l’eau et la nourriture) lors d’une situation d’urgence. Le personnel responsable de la logistique à SAC joue un rôle essentiel dans le soutien des opérations et doit participer aux séances d’information afin de saisir pleinement les leçons apprises.
Finances et administration
Le personnel régional de gestion des urgences de SAC affecte des fonds, surveille et consigne les coûts et les dépenses connexes, établit les coûts prévisionnels de l’urgence, s’occupe des contrats et des ressources humaines et matérielles, engage des experts, au besoin et, enfin, fournit des analyses de coûts et des solutions de rechange aux hauts fonctionnaires du Ministère, pendant ou après l’urgence. Il joue un rôle essentiel dans le soutien des opérations et doit être intégré aux séances d’information afin de consigner les leçons apprises.
Enjeux et responsabilités liés aux compétences
Les complexités juridictionnelles propres aux communautés des Premières Nations posent des défis en matière de gestion des urgences. Les communautés situées à proximité de frontières provinciales ou nationales doivent composer avec des lois et des règlements parfois contradictoires, ce qui peut influer sur les normes de qualité de l’eau, les restrictions frontalières et les mesures de santé publique. L’accès aux services publics requiert souvent une coordination avec plusieurs administrations, y compris d’autres provinces ou les États‑Unis.
Les services de santé peuvent être accessibles depuis les provinces voisines en raison de la proximité, ce qui nécessite une coordination interrégionale. Les différences de normes et de réglementations entre les provinces peuvent entraver la coordination des ressources, notamment lors du déploiement de travailleurs de la santé pour des évacuations interprovinciales. Ces enjeux liés aux compétences complexifient les interventions d’urgence et exigent une navigation attentive pour assurer un soutien efficace aux communautés des Premières Nations.
Les activités d’intervention d’urgence visent à réduire au minimum les pertes et la souffrance, notamment par des mesures de communication d’urgence, de recherche et sauvetage, d’assistance médicale et d’évacuation. Les Premières Nations déclarent l’état d’urgence au moyen d’un appel de commandement conjoint auquel participent la communauté et SAC. SAC appuie la coordination logistique lorsque la province en fait la demande.
Les activités d’intervention reposent sur le manuel du Comité directeur mixte sur la gestion des situations d’urgence (CDMGSU), qui précise les normes de service applicables aux évacuations, répertorie les dépenses admissibles au titre du PAGU et fournit des renseignements adaptés à la culture pour aider les communautés d’accueil à répondre aux besoins des personnes évacuées.
Pour que les coûts d’une évacuation soient considérés comme une dépense admissible à un remboursement par SAC, la décision d’évacuer une communauté des Premières Nations doit s’appuyer sur les éléments suivants :
- un consensus entre le chef et les conseillers de la Première Nation et SAC;
- un événement actuel ou imminent exigeant une coordination rapide des mesures visant à protéger la santé, la sécurité et le bien-être de la population.
Si un consensus ne peut être atteint, une évaluation des risques s’appuyant sur les renseignements fournis par des partenaires faisant autorité est utilisée pour déterminer si une évacuation est nécessaire. Ces partenaires peuvent inclure, sans s’y limiter, le ministère des Richesses naturelles et des Forêts, le ministère de l’Environnement, Environnement et Changement climatique Canada, les savoirs traditionnels des Premières Nations et l’expertise des conseils tribaux. Le manuel du CDMGSU fournit des normes d’évacuation complètes pour les Premières Nations de la région. Il décrit des procédures efficaces pour évacuer, prendre en charge et ramener les personnes évacuées, tout en établissant des exigences minimales de services pour les communautés d’accueil. Le manuel définit les rôles et les responsabilités des organisations participantes, offre des conseils pour assurer des évacuations rapides et coordonnées, et présente en détail les processus de recouvrement des coûts admissibles auprès du gouvernement fédéral. En abordant ces aspects clés, le manuel du CDMGSU garantit un soutien, une coordination efficace et une transparence appropriée pour toutes les parties concernées dans les scénarios d’évacuation.
Mécanismes de communication et d’échange d’information
La communication est un élément essentiel des processus d’opérations d’urgence de SAC. La fonction de communication permet de diffuser en temps utile l’information essentielle liée à la gestion des urgences, tant à l’interne qu’à l’externe. Toutes les équipes de communication de SAC chargées de la gestion des urgences – au niveau régional et national – sont tenues de travailler en étroite collaboration avec les équipes des programmes et des opérations et doivent participer aux séances d’information et aux discussions sur les leçons apprises.
Les canaux de communication du Secteur des communications et des affaires publiques de SAC peuvent inclure :
- les plateformes numériques (site Web, médias sociaux);
- les communiqués de presse et les déclarations ministérielles;
- les déclarations proactives aux médias;
- les conférences de presse ou séances d'information techniques à l'intention des médias;
- les messages internes destinés aux employés.
Les stratégies de communication, dirigées par le Secteur des communications et des affaires publiques de SAC dans le cadre de la stratégie nationale de communication, tiennent compte des besoins des communautés autochtones, par exemple en proposant des formulations préétablies, que la communauté peut ensuite adapter à son propre usage.
Le bureau régional de SAC en Ontario publie également un bulletin mensuel à l’intention des chefs des Premières Nations, qui comprend des renseignements pertinents sur la gestion des urgences, au besoin.
Canaux externes de communication
Les dirigeants des communautés transmettent les renseignements liés aux situations d’urgence par les moyens ci-dessous :
- messages d’intérêt public diffusés à la radio et à la télévision;
- publications sur les pages de médias sociaux des communautés;
- affiches sur les babillards communautaires.
L’équipe régionale des communications de l’Ontario élabore également des outils proactifs, tels que des messages d’intérêt public et des communiqués de presse. L’information est diffusée sur le portail OneHealth, accessible au public et aux fournisseurs de soins de santé.
Les alertes provinciales de danger mortel sont envoyées sur les appareils mobiles et diffusées à la télévision.
Niveaux d’intervention
Selon la nature de l’urgence et le niveau de coordination fédérale et provinciale requis, le directeur général régional et le directeur régional, en consultation avec divers intervenants, peuvent augmenter ou diminuer, selon le cas, les niveaux d’intervention suivants :
- Le niveau 1 correspond aux activités courantes ou quotidiennes de l'Unité de gestion des urgences de la Direction de la gouvernance, des affaires individuelles et des relations gouvernementales du bureau régional de SAC en Ontario. Ce niveau consiste à coordonner les interventions liées à des urgences mineures. Il n'exige pas le renforcement du Centre des opérations de gestion des urgences de l'administration centrale (AC) ni d'aucun centre régional de gestion des urgences.
- Le niveau 2 consiste à renforcer partiellement le Centre des opérations de gestion des urgences de l'Ontario et le Centre des opérations de gestion des urgences de l'AC. À ce niveau, le Centre des opérations du gouvernement (COG) peut également augmenter partiellement son effectif. Il s'agira d'augmenter le nombre de membres clés du personnel au sein de la région et de l'AC, le cas échéant, et d'assurer la liaison avec les différents ordres de gouvernement concernés par la situation d'urgence.
- Le niveau 3 consiste à renforcer considérablement le Centre des opérations de gestion des urgences de l'Ontario et le Centre des opérations de gestion des urgences de l'AC (y compris le COG). À ce niveau, le personnel clé est détaché auprès des centres régionaux et nationaux de gestion des urgences de SAC et participe pleinement aux activités d'intervention.
Mécanismes de production de rapports
Le personnel régional de gestion des urgences surveille et consigne les événements, et fournit des statistiques périodiques à la haute direction et à l’administration centrale. Cette information permet d’alimenter l’historique du programme et contribue à l’élaboration des plans futurs. Les régions rendent compte des événements, des activités et des dépenses à la DGU à l’AC chaque trimestre. En situation d’urgence, le personnel clé prépare divers rapports, notamment :
- des rapports de situation;
- des rapports de notification;
- des rapports sommaires;
- des rapports financiers;
- d'autres rapports, au besoin.
Services d’urgence adaptés à la culture en Ontario
Leçons apprises et rapport après action
Les unités de gestion des urgences et les intervenants doivent tirer des leçons des expériences vécues afin d’améliorer les politiques, les plans et les procédures. Les principales pratiques comprennent :
- la tenue de séances d'information officielles avec le personnel et les intervenants après les événements;
- la détermination des domaines à améliorer et des leçons apprises;
- la préparation rapide des rapports après action;
- l'inclusion des responsables des communications dans les séances d'information et les processus d'analyse des leçons apprises.
Formation et exercices
Le personnel de gestion des urgences est invité à suivre une formation de base sur le Système de commandement des interventions (SCI) auprès d’un organisme certifié au Canada. Le bureau régional de SAC en Ontario coordonne la planification des exercices de gestion des urgences avec des représentants ministériels et interministériels.