L'artiste autochtone Xwalacktun (Rick Harry) : sculpture, culture et raison d'être
Transcription de L'artiste autochtone Xwalacktun (Rick Harry) : sculpture, culture et raison d'être
Rick Harry : J'ai grandi sous le nom de Rick Harry.
Mon vrai nom est Xwalacktun (parlant en langue autochtone), ce qui signifie « mon nom ». Xwalacktun est mon nom.
Texte à l'écran : Xwalacktun (Rick Harry)
Artiste
Rick Harry : Je suis (parlant en langue autochtone) Squamish, mais aussi du côté de ma mère, originaire de la région d'Alert Bay, du peuple Namgis. Voilà un peu mes origines. J'ai grandi ici, à Upper Squamish, un village chargé d'histoire, c'est l'un de nos plus anciens. Ensuite, nous avons déménagé plusieurs fois dans la région de Vancouver.
Texte à l'écran : Xwalacktun
Sculpteur et graveur squamish et kwakwaka'wakw
Rick Harry : Mon grand frère était probablement en septième année à l'époque, et j'avais environ cinq ans. Je me souviens d'être monté en haut de son lit superposé et d'avoir vu ses dessins scotchés au mur. Je me suis dit : « Waouh, c'est super! » J'ai continué à faire ça pendant un certain temps, et puis je me suis rendu compte que je descendais du lit superposé, que je cherchais du papier et un crayon et que je me mettais à dessiner. Je n'ai jamais arrêté depuis.
Puis, à 12 ans, j'ai commencé à apprendre la sculpture. À cette époque, ils ont fait venir quelqu'un du nord, de la région d'Alert Bay. Il nous a appris à sculpter pendant un week-end. Et depuis, je me dis : « Il faut que je sculpte. »
Vous entendez ce bruit? Le bon bruit du bois qui s'ouvre sous nos doigts.
J'ai continué de temps en temps. Mais à 18 ans, je m'y suis vraiment mis sérieusement.
Quand j'ai commencé à m'intéresser à l'art autochtone, je faisais des styles nordiques. J'ai donc vu des formes ovoïdes et en U. J'ai donc commencé à créer ce genre d'œuvres, et j'ai continué ainsi pendant un certain temps. Puis, à partir de 1990, je me suis tourné vers l'art salish, et lorsque j'ai découvert l'œuvre de Charles Elliott, ça a été une révélation. Je me suis dit : « Voilà ce que je dois faire. »
Il ignorait qu'il m'inspirait. Mais lorsque j'ai installé cette grande pièce de métal, je l'ai invité à en être témoin. Je lui ai dit : « Charles, je t'invite parce que tu m'as inspiré à faire ce genre de travail. »
Texte à l'écran : Photo de Zoe Lomoro, avec l'aimable autorisation du Centre culturel Squamish Lil'wat
Avec l'aimable autorisation du Centre culturel Squamish Lil'wat
Photo de Ryan Robinson, avec l'aimable autorisation du Centre culturel Squamish Lil'wat
Rick Harry : Je ne connaissais pas vraiment ma place dans le monde de l'art avant de me tourner vers le design salish.
J'ai rencontré des difficultés, mais je ne les ai jamais perçues comme telles. Je travaillais, tout simplement. Mon père me disait : « Si tu te lances dans un projet, fais-le bien. Pas de demi-mesures. Tu commences quelque chose, tu le finis. Même si tu ne comptes rien en faire, termine-le. » Alors, aujourd'hui, tout ce que je fais, je le termine. Et avec le temps, il me disait : « Ne t'inquiète pas pour l'argent. Il viendra plus tard. Si tu fais bien ton travail, ça portera ses fruits à long terme. » Et c'est vrai. Je ne cherche pas de travail. Il vient à moi.
Avant, je me contentais de sculpter; mes créations étaient magnifiques et je les vendais, mais elles manquaient de profondeur. Mais j'ai compris qu'il y avait forcément autre chose, parce que, vous savez, un danseur ne danserait pas avec un masque sans une chanson, une histoire et un message. Alors, je me suis dit : c'est ce que je dois faire. Je dois me concentrer sur ce travail. Ainsi, il s'inscrit dans la continuité de ce que nous sommes vraiment.
Ainsi, lorsque des personnes intègrent ces œuvres chez elles, il ne s'agit pas simplement d'une œuvre d'art. Elles racontent une histoire. Elles peuvent même refléter leur propre parcours de vie. N'est-ce pas? Car nombre de ces créations sont porteuses d'enseignements et de messages. Comment puis-je alors m'inspirer de ces messages pour les perpétuer dans ma vie aujourd'hui et les partager avec ceux qui sont déjà là et ceux qui ne sont pas encore nés?
Maintenant que les promoteurs immobiliers s'intéressent davantage à l'art autochtone lors de la construction, j'ai insisté : nous ne voulons pas que ces œuvres soient éloignées du chantier. Nous souhaitons qu'elles fassent partie intégrante du bâtiment, car il s'agit alors d'un art vivant. Si elles sont exposées à l'extérieur, elles finiront par être démontées et déplacées. Elles doivent donc être intégrées au bâtiment. N'est-ce pas? Car avant, nous n'avions pas de mot pour désigner l'art, mais plutôt une fonction.
Texte à l'écran : L'œuvre de Xwalacktun embrasse divers médiums, notamment l'art public, la sculpture, le travail du métal, les bijoux, le travail du verre, le dessin, la gravure et ses célèbres sculptures sur bois.
Mot-symbole Canada