Guide de référence : Processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10
Préparé par Services aux Autochtones Canada et le Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques en mai 2026.
Table des matières
- Introduction
- Contexte
- Chronologie
- Mise à jour sur le projet de loi s-2
- Enjeux relatifs à la réforme soumis à la consultation
- Appel de propositions – Ce que nous avons entendu
- Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques
- Solutions pour l'exclusion après la deuxième génération
- Solutions pour les seuils de vote en vertu de l'article 10
- Annexe : Membres du Comité sur la réforme de l'inscription et les solutions juridiques
Introduction
Le présent guide de référence a été élaboré pour soutenir les Premières Nations, les organisations autochtones et les personnes touchées à mener des discussions significatives sur 2 enjeux cruciaux et de longue date : l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10 prévus par la Loi sur les Indiens.
Il est conçu pour faciliter des discussions éclairées et ciblées en présentant un éventail de solutions possibles identifiées dans le cadre d'un processus de consultation mené par des partenaires, ainsi que l'analyse fournie par le Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques. Ce document aborde notamment les questions relatives à la viabilité juridique, aux répercussions et à la mise en œuvre, offrant ainsi une base commune pour le dialogue entre les communautés et les organisations.
Le contenu de ce guide reflète les points de vue exprimés à ce jour par les Premières Nations, les organisations autochtones et les personnes touchées dans le cadre du processus de collaboration. L'analyse incluse vise à aider les participants à évaluer les options et à identifier les approches qu'ils préfèrent en fonction de leurs priorités, de leurs valeurs et du contexte de leur communauté.
Cette phase du processus de collaboration marque le passage de l'identification des enjeux à l'examen d'options concrètes de réforme. L'objectif est d'offrir l'occasion d'examiner les solutions présentées, de discuter de leur incidence et de déterminer la ou les voies à suivre. Les résultats de ces discussions permettront de définir les prochaines étapes, y compris les éventuelles considérations législatives et politiques.
Ces enjeux font l'objet d'un plaidoyer et d'un engagement soutenus depuis de nombreuses années. Ce processus offre l'occasion de faire avancer les travaux visant à résoudre les inégalités qui subsistent dans les dispositions de la Loi sur les Indiens relatives à l'inscription et à l'appartenance, d'une manière qui tienne compte des points de vue des Premières Nations et de leurs partenaires.
Contexte
À la suite du processus de collaboration de 2018-2019 sur l'inscription des Indiens, l'appartenance à une bande et la citoyenneté des Premières Nations, la représentante spéciale de la ministre (RSM) a constaté que l'exclusion après la deuxième génération constituait une préoccupation majeure pour les communautés des Premières Nations. La RSM a indiqué que le Canada doit exercer « des activités urgentes de sensibilisation à ce problème » et qu'« un processus de consultation distinct et approfondi soit mis en place en vue d'élaborer des solutions pour éliminer cette iniquité ».
En 2020, le rapport final au Parlement sur l'examen de S-3 a décrit les mesures nécessaires pour régler les inégalités persistantes découlant des dispositions relatives à l'inscription de la Loi sur les Indiens, et a confirmé l'engagement du Ministère à collaborer avec les partenaires autochtones pour trouver des solutions à ces enjeux.
En 2023, le plan d'action de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Loi sur la Déclaration des Nations Unies) a défini des objectifs et identifié les mesures nécessaires pour aligner les lois fédérales sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (Déclaration des Nations Unies). Cela inclut la mesure suivante du plan d'action 2.8 :
« Élaborer conjointement un processus de consultation sur une série de réformes plus vastes concernant l'inscription et l'appartenance à une bande, avant toute transition vers l'abandon de la Loi sur les Indiens. Cela comprend de consulter, de collaborer et de s'engager efficacement avec les femmes des Premières Nations pour éliminer les problèmes liés au genre qui subsistent. Le Canada reconnaît que la Loi sur les Indiens est une loi datant de l'époque coloniale, conçue pour exercer un contrôle sur les affaires des Premières Nations et qu'à ce titre, cette loi ne sera jamais entièrement compatible avec la Déclaration des Nations Unies. Pour que les lois du Canada respectent la Loi sur la Déclaration des Nation Unies, la Loi sur les Indiens doit être abrogée. Le gouvernement cherche à rendre les dispositions relatives à l'inscription et à l'appartenance à une bande de la Loi sur les Indiens plus compatibles avec la Déclaration des Nations Unies, jusqu'à ce qu'un consensus clair sur la marche à suivre pour une modification ou une abrogation complète et à grande échelle de la Loi soit possible. »
Chronologie
Le processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10, lancé en novembre 2023, visait à trouver des solutions à ces enjeux. Le tableau ci-dessous présente la chronologie et les phases de ce processus de collaboration :
Phase 1 : Co-développement et partage d'informations
Processus consultatif autochtone
Le processus consultatif autochtone (PCA) regroupe 17 organisations autochtones nationales, régionales, de jeunes et de femmes qui ont fourni conseils et recommandations à SAC sur la conception du processus de collaboration. Cette initiative a donné lieu à l'élaboration conjointe du plan de consultation, du rapport sur ce que nous avons entendu et à l'œuvre d'art.
Statut : Achevé
Trousse d'information pour les titulaires de droits
Une trousse d'information pour les titulaires de droits a été élaborée pour soutenir les Premières Nations et les personnes touchées en fournissant une description des enjeux faisant l'objet de la consultation, un historique des modifications apportées à la Loi sur les Indiens au fil du temps, ainsi qu'une explication en langage clair des catégories d'inscription. Cette trousse a été largement diffusée auprès des Premières Nations par courrier postal et par courriel, et est disponible en ligne.
Statut : Achevé
Fiches de données communautaires
Les fiches de données communautaires sont élaborées chaque année pour mettre en évidence l'incidence de l'exclusion après la deuxième génération sur la population inscrite de chaque Première Nation à travers le Canada.
Les données peuvent être consultées sur la carte, sur la page Web de SAC, ou sur gouvernement ouvert.
Statut : En cours
Séances d'information
Des séances d'information sur la trousse d'information pour les titulaires de droits sont offertes tout au long du processus de collaboration et se tiennent virtuellement via Zoom. Les séances couvrent les enjeux clés faisant l'objet de consultations et sont suivies d'une période de questions-réponses. L'inscription aux séances publiques est possible en ligne.
Statu : En cours
Phase 2 : Événements et activités de consultation
Développement de solutions
Un appel de propositions pour les Premières Nations et les organisations autochtones afin qu'elles sollicitent du financement pour présenter un rapport sur les solutions possibles à l'exclusion après la deuxième génération et/ou aux seuils de vote en vertu de l'article 10.
Statut : Achevé
Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques
Un Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques a évalué les solutions proposées lors du premier appel de propositions et a déterminé leur viabilité juridique, leur évaluation d'impact et leurs considérations de mise en œuvre. Les résultats de cette étape constituent le contenu de ce guide de référence.
Statut : Achevé
Séances de mobilisation
Une consultation menée par SAC auprès des dirigeants des Premières Nations afin de déterminer la ou les solutions préférées pour l'exclusion après la deuxième génération et le seuil de vote en vertu de l'article 10, ainsi que des échanges sur les options permettant à l'avenir de s'affranchir de la Loi sur les Indiens.
Statut : Phase actuelle
Mise à jour sur le projet de loi s-2
Le projet de loi S-2, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (nouveaux droits d'inscription), a été présenté en mai 2025 pour corriger les inégalités restantes dans les dispositions relatives à l'inscription et à l'appartenance, y compris celles liées à l'émancipation. Au cours de son étude, le Sénat a adopté des modifications importantes qui ont élargi la portée du projet de loi au-delà de son intention initiale. Notamment, ces modifications incluent un recours proposé à l'exclusion après la deuxième génération par l'introduction d'une « règle d'un seul parent », qui permettrait de transmettre indéfiniment le droit à l'inscription par un seul parent admissible. Le Sénat a adopté le projet de loi modifié en décembre 2025 et celui-ci est encore en cours d'examen à la Chambre des communes.
Bien que le projet de loi modifié inclue désormais une approche législative pour répondre à l'exclusion après la deuxième génération, ses dispositions relatives à cet enjeu n'ont pas été adoptées par le Parlement et devraient entrer en vigueur après une période de mise en œuvre retardée afin de permettre une mobilisation continue auprès des Premières Nations. Par conséquent, le processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10 est toujours en cours. Cela reflète la nature évolutive du contexte législatif et politique, ainsi que la nécessité de s'assurer que toute approche reflète les perspectives des Premières Nations, les considérations relatives à la mise en œuvre et les répercussions potentielles. Pour les informations les plus récentes sur l'état du projet de loi, veuillez consulter le site Web du Parlement du Canada : S-2 (45-1) – LEGISinfo.
Enjeux de réforme pour consultation
Enjeu 1 : L'exclusion après la deuxième génération
L'exclusion après la deuxième génération est une disposition de la Loi sur les Indiens qui limite la possibilité pour une personne de transmettre son droit à l'inscription après 2 générations consécutives de parentalité avec une personne qui n'a pas droit à l'inscription. En conséquence, la troisième génération n'a pas droit à l'inscription. Par exemple, si une personne a un parent et un grand-parent qui n'ont pas droit à l'inscription, elle n'y aura pas droit.
Cet enjeu trouve son origine dans les modifications introduites par le projet de loi C-31 en 1985, qui a créé 2 catégories d'inscription :
- Paragraphe 6(1) : personnes avec 2 parents ayant droit à l'inscription, ou nées avant le 17 avril 1985;
- Paragraphe 6(2) : personnes avec un parent ayant droit en vertu du paragraphe 6(1).
Bien que les personnes inscrites en vertu des paragraphes 6(1) et 6(2) aient un accès égal aux programmes, aux services et aux prestations, elles diffèrent toutefois dans leur capacité à transmettre ce droit. Les personnes inscrites en vertu du paragraphe 6(2) ne peuvent transmettre ce droit que si l'autre parent y a également droit.
Les Premières Nations et les personnes touchées ont fait remarquer que l'exclusion après la deuxième génération peut entraîner des disparités de traitement au sein des familles et ne tient pas compte de la situation individuelle ou communautaire. À compter du 31 décembre 2025, environ 29,85 % de la population inscrite ne pourra pas transmettre ses droits de manière autonome.
Des données propres à la communauté sur l'incidence de l'exclusion après la deuxième génération sont disponibles sur gouvernement ouvert ou sur demande.
Enjeu 2 : Seuils de vote en vertu de l'article 10
L'article 10 de la Loi sur les Indiens permet aux Premières Nations d'assumer la prise en charge de l'appartenance à leur bande en élaborant et en adoptant leurs propres codes d'appartenance. Pour ce faire, les Premières Nations doivent satisfaire à des exigences précises, notamment obtenir le consentement des électeurs admissibles et la protection des droits acquis.Note de bas de page 1
Présentement, le consentement est obtenu par un seuil de vote à « double majorité », ce qui signifie :
- une majorité des électeurs admissibles doivent participer au vote; et
- une majorité de ceux qui votent doivent être en faveur.
En pratique, ce seuil a posé des difficultés. Seul un nombre limité de Premières Nations ont réussi à prendre le contrôle de leur appartenance ces dernières années, en partie en raison des difficultés à satisfaire à cette exigence.
Lien entre les enjeux
Ces enjeux sont examinés conjointement en raison de leurs répercussions interdépendantes. Les solutions proposées concernant l'exclusion après la deuxième génération, telles que la règle d'un seul parent, pourraient entraîner une augmentation significative du nombre de personnes admissibles à l'inscription (estimé entre 304 000 et 438 000 d'ici 2066 et à environ 170 000 à court terme) selon la dernière modélisation de Statistique Canada.
Une augmentation du nombre de personnes admissibles pourrait affecter la capacité des Premières Nations à atteindre le seuil de vote à double majorité actuellement requis pour assumer la prise en charge de l'appartenance à leur bande en vertu de l'article 10. Par conséquent, ce processus inclut l'examen de la nécessité éventuelle de modifier le cadre de vote existant parallèlement aux réformes de l'exclusion après la deuxième génération.
Appel de propositions – ce que nous avons entendu
En décembre 2024, la deuxième phase du processus de collaboration a été lancée avec un appel de propositions, invitant les Premières Nations, les organisations autochtones et d'autres leaders représentatifs à développer des solutions potentielles pour l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10. Simultanément, un formulaire de rétroaction individuelle (ci-après le « formulaire de rétroaction ») a été publié afin de permettre aux personnes touchées de donner également leur avis sur les répercussions de ces enjeux et de proposer des solutions possibles.
Ce formulaire de rétroaction n'avait pas pour but de remplacer ni de minimiser les contributions des Premières Nations ou des organisations représentatives lors de leurs consultations. Il a plutôt été conçu comme un mécanisme complémentaire visant à impliquer un éventail plus large de personnes touchées et à combler d'éventuelles lacunes en matière de participation. Cela inclut les cas où les Nations n'ont pas sollicité de financement, ou les cas où des personnes vivant hors réserve n'ont pas pu participer aux activités de consultation de leur Première Nation.Note de bas de page 2
De plus, les solutions identifiées dans l'appel de propositions ne doivent pas être interprétées comme reflétant le consensus communautaire, mais plutôt comme un aperçu de l'éventail d'options et de points de vue soulevés lors des consultations menées par les partenaires. Ces solutions proposées ont ensuite été examinées et évaluées par le Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques (CRISJ) en mars 2026.
À partir de mars 2023, le ministère avait reçu 39 rapports finaux de la part de ses partenaires et 399 réponses individuelles au formulaire de rétroaction.
Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques
Le Comité de la réforme de l'inscription et des solutions juridiques (CRISJ ou « le Comité ») a été créé pour évaluer et fournir des conseils juridiques, politiques et de mise en œuvre sur les solutions proposées par les organisations autochtones et des Premières Nations. Le Comité s'est réuni à Vancouver du 3 au 5 mars 2026 et avait pour mission d'évaluer si les solutions proposées sont juridiquement viables, respectueuses des droits et conformes à la Charte, et de s'assurer que les solutions proposées sont conformes aux obligations du Canada en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, de la Déclaration des Nations Unieset de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies. Ils ont également fait part de leurs points de vue sur les considérations et les répercussions potentielles de chaque option.
Les membres du Comité ont été invités à soumettre des rapports écrits identifiant les principales considérations associées à chaque option, notamment les effets démographiques, budgétaires, administratifs, opérationnels et de mise en œuvre, ainsi que les risques potentiels. Le Comité n'avait pas pour mandat de parvenir à un consensus, mais plutôt de procéder à un examen approfondi des options sous divers angles juridiques, académiques et pratiques. Un résumé des points de vue figure dans les sections qui suivent et la liste complète des membres est présentée dans l'annexe.
Les images ci-dessous ont été créées par Sam Bradd, artiste graphique, pour refléter et représenter les discussions tenues lors de la réunion du Comité en mars 2026. Ces illustrations visent à saisir visuellement les thèmes clés, les perspectives et les considérations soulevées lors de l'évaluation des solutions proposées. Pour en savoir plus sur Sam, visitez son site Web ici : Drawing Change (non disponible en français)
Équivalent textuel pour le graphique Processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10
Ce graphique visuel dessiné à la main présente différentes perspectives et considérations relatives au processus de collaboration sur l'exclusion après la deuxième génération et les seuils de vote en vertu de l'article 10. Il s'agit d'un graphique non linéaire qui utilise des illustrations de personnages, du texte manuscrit, des flèches, des formes circulaires et des couleurs dominantes telles que le vert, le brun, l'orange, le jaune et le bleu.
L'image est divisée en quatre sections principales :
- section supérieure gauche;
- section inférieure gauche;
- section supérieure droite;
- section inférieure droite.
La section supérieure gauche de l'image est principalement composée de bleu, de blanc et de noir et vise à présenter le Comité sur la réforme de l'inscription en vertu de la Loi sur les Indiens et les solutions juridiques ainsi que son mandat. Dans la partie supérieure figure une bannière sur laquelle est inscrit « Comité sur la réforme de l'inscription en vertu de la Loi sur les Indiens et les solutions juridiques », suivie de « Du 3 au 5 mars 2026 ». En dessous est écrit : « Ces questions complexes nécessitent un processus distinct de mobilisation et de consultation », accompagné d'une flèche rayée pointant vers une boîte indiquant : « Trouver un équilibre entre un processus rigoureux et le sentiment d'urgence ressenti en ce moment ». À gauche de cette boîte figurent plusieurs bulles de dialogue contenant les mentions « ? », « Projet de loi S-2 maintenant devant le Parlement », « l'exclusion après la deuxième génération » et « Article 10 », lesquelles mènent à une flèche portant l'inscription « Plusieurs voies possibles pour aller de l'avant ». Sous cette flèche est écrit : « Par exemple, pour s'attaquer à la discrimination historique fondée sur le sexe et à l'émancipation ». La flèche pointe vers une feuille de papier intitulée « Modifications à la Loi sur les Indiens », qui présente diverses modifications législatives, notamment : « 1985 (projet de loi C-31) »; « 2011 (projet de loi C-3) »; « 2017 (projet de loi S-3) »; « 2019 (projet de loi S-3) ». Les modifications de 2011, 2017 et 2019 sont reliées par des flèches à une inscription située sous une famille (un enfant à gauche, une mère assise tenant un bébé et un père observant le bébé à droite) indiquant : « Chaque modification vise à rétablir une génération supplémentaire ». Une bulle de dialogue provenant de la famille indique : « Nous connaissons nos familles », des cœurs rouges étant utilisés pour mettre l'accent sur ce point. La modification de 1985 est reliée par une flèche à un tableau expliquant les paragraphes 6(1) et 6(2) de la Loi sur les Indiens (dispositions relatives à l'inscription). Sous « Paragraphe 6(1) », il est écrit : « Né avant le 17 avril 1985 ou né après le 17 avril 1985 de deux parents admissibles », tandis que sous « Paragraphe 6(2) », il est écrit : « Né après le 17 avril 1985 d'un parent ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(1) ». Une bulle rattachée au tableau indique : « Mais! La troisième génération n'aura pas droit à l'inscription* », le mot « troisième » étant souligné et un point d'exclamation étant ajouté pour mettre l'accent.
La section inférieure gauche est principalement composée de vert, de bleu et de brun. Elle comprend une illustration d'un paysage côtier, avec un aigle volant dans le ciel et une personne chargeant deux canots avec des pagaies. Deux personnes sur la plage sont accompagnées d'une bulle de dialogue indiquant : « Ouvrir la porte ». À droite figure la mention : « Nous pouvons nous rendre jusqu'à la porte, mais pour aller plus loin, nous devons être en dialogue ». En dessous est écrit: « Mot de bienvenue de l'Aîné Bob Baker ». À droite de ce paysage se trouve une série de montagnes sous lesquelles figure un élément tressé entourant la mention : « Les Premières Nations ont toujours eu leurs propres façons de déterminer qui sont leurs citoyens […] les liens communautaires et de parenté ». Dans la partie inférieure droite se trouve une bulle grise aux contours irréguliers indiquant : « Les colonisateurs ont délibérément ciblé ces systèmes », avec une flèche pointant vers le cercle tressé.
La section supérieure droite est principalement bleue avec des accents jaunes et traite du contexte dans lequel ces travaux se déroulent. Dans le coin supérieur gauche sont inscrites les mentions « Contexte visant à corriger les iniquités liées à l'inscription et à l'appartenance prévues par la Loi sur les Indiens » et « Viabilité juridique », à droite d'une illustration représentant une balance (symbolisant l'équité) et un maillet de juge. Sous ces éléments se trouve un rectangle orange portant la mention : « Avec quelles lois canadiennes ou internationales actuelles devons-nous nous harmoniser? ». Trois petites flèches en partent : l'une pointe vers un petit diagramme de Venn accompagné du texte « Quels principes s'appliqueraient? »; une autre pointe vers une liste de lois comprenant « Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, droits de la personne, Charte canadienne des droits et libertés »; la dernière pointe vers une balance déséquilibrée accompagnée de la mention « S'agit-il d'un compromis mutuel? ». À droite se trouve un cercle bleu portant la mention « Sources juridiques autochtones ». Un cercle bleu plus petit chevauche celui-ci et contient les mentions « Accroître le renforcement des capacités en matière juridique » et « Pas seulement la culture—le droit autochtone ». Une série de flèches mène ensuite vers une figure située à droite, accompagnée des expressions « Mise en œuvre et soutien institutionnel » et « Durabilité », ainsi que d'exemples tels que « par exemple, dissocier le financement et l'appartenance » et « processus d'appel transparent ». Trois autres cercles en pointillés se déploient à partir de cet ensemble : le premier contient les mentions « Légitimité, autorité, autodétermination et pratiques conformes au droit »; le deuxième contient les mentions « Et si nous acceptions les différences? » et « Examiner la législation relative aux enfants et aux familles adoptée en vertu du projet de loi C-92—une porte d'entrée? Quelles en sont les limites? »; le troisième contient la mention « Quelles nouvelles possibilités pourraient émerger… ». À droite de ces cercles se trouve une illustration de mains se rejoignant dans un cercle bleu accompagnée du texte: « Afin que le Canada puisse réparer les torts qu'il a causés et assumer ses responsabilités ».
La section inférieure droite porte le titre « Article 10 », suivi de la mention : « Solutions proposées : 1. Vote à majorité simple, 2. Transfert du contrôle de l'appartenance aux Premières Nations et 3. Seuil de vote à double majorité avec modifications ». À droite se trouvent une urne sur laquelle est inscrit « Seuils de vote », un graphique présentant une tendance à la hausse et une personne sur une échelle tentant d'atteindre une cible située au-dessus de la ligne du graphique. L'ensemble de ces éléments est mis en évidence en jaune. Sous le titre figure une représentation graphique reproduisant les seuils de vote à double majorité présentés dans la trousse d'information destinée aux titulaires de droits. À droite de cette représentation se trouve une série de questions, chacune accompagnée d'un point d'interrogation bleu (?) : « Quelles iniquités connues liées à la Loi sur les Indiens subsistent encore? »; « Comment traiter les pouvoirs accordés au registraire? »; « Examiner les limites du pouvoir décisionnel de Services aux Autochtones Canada : Services aux Autochtones Canada devrait rendre tous les dossiers facilement accessibles aux Premières Nations ».
Équivalent textuel pour le graphique L'exclusion après la deuxième génération
Ce graphique visuel dessiné à la main présente différentes perspectives, considérations et solutions liées à l'exclusion après la deuxième génération. Il s'agit d'un graphique non linéaire utilisant des figures illustrées, du texte manuscrit, des flèches, des formes circulaires et des couleurs dominantes telles que le bleu, le violet, le vert et le jaune.
L'image est divisée en trois sections principales :
- section gauche;
- section supérieure droite;
- section inférieure droite.
La section de gauche de l'image est principalement composée de violet, d'orange et de vert et vise à introduire l'enjeu de l'exclusion après la deuxième génération. En haut se trouve un arbre généalogique sur trois générations. Les personnes ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(1) sont représentées par une bulle verte, celles ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(2) par une bulle orange, et les personnes non admissibles par une bulle grise.
La « première génération » comprend un grand-père ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(1) de la Loi sur les Indiens et une grand-mère non admissible. La deuxième génération comporte trois situations parentales :
- une personne à droite, née en 1981 et ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(1), qui est co-parent avec une personne également admissible en vertu du paragraphe 6(1), leur enfant ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(1) (« deux parents admissibles»);
- une personne au centre, née en 1983 et ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(1), qui est co-parent avec une personne non admissible, leur enfant ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(2) (« un parent admissible et né après 1985 »);
- une personne à gauche, née en 1987 et ayant droit à l'inscription en vertu du paragraphe 6(2), qui est co-parent avec une personne non admissible, leur enfant étant non admissible (« un seul parent admissible en vertu du paragraphe 6(2) »).
Sous ce schéma, une figure montre de nombreuses bulles de dialogue provenant d'un groupe de personnes, dont la moitié sont non colorées et représentées par un contour en pointillés afin de symboliser les personnes « perdues » en raison des dispositions relatives à l'inscription. Ces bulles contiennent :
- « L'exclusion après la deuxième génération entraîne également un traitement différencié au sein des familles »;
- « Les Premières Nations ont le droit de définir leur identité—conformément à leurs traditions et coutumes »;
- « Un profond sentiment d'injustice »;
- « Quels autres défis juridiques, financiers, liés au sexe ou à la mise en œuvre pourraient exister si l'exclusion après la deuxième génération changeait? »;
- « Les scénarios hypothétiques sont réels »;
- « La légitimité est essentielle ».
À gauche se trouve une image d'une main contenant de l'argent, accompagnée de la mention : « La Couronne a la responsabilité de soutenir le renforcement des capacités : elle est à l'origine des préjudices ». En dessous figure une balance déséquilibrée, avec la mention : « De nombreuses possibilités d'abus ». Au-dessus et à droite du groupe de personnes est écrit :
- « Combien de personnes avons-nous perdues? »;
- « Amincissement culturel »;
- « Mais jusqu'où remonter? Par exemple, la règle de la double mère ».
La section supérieure droite de l'image est principalement bleue avec des accents verts et jaunes et traite des solutions proposées. Un tableau en haut à gauche est intitulé « Ce que nous avons entendu lors des consultations : solutions à discuter », et énumère les solutions suivantes : 1. règle d'un seul parent; 2. transfert du contrôle aux Premières Nations; 3. quantum de sang et ADN; 4. élimination des paragraphes 6(1) et 6(2) de la Loi sur les Indiens.
À côté figure la mention : « Toute mesure corrective est interconnectée », en référence aux solutions. La solution de la règle d'un seul parent est reliée par une flèche à une image du Parlement du Canada indiquant : « La loi est actuellement en cours de modification : aucune recommandation ». En dessous se trouvent deux cercles vert et jaune reliés par des flèches indiquant « Transfert du contrôle aux Premières Nations » et « Règle d'un seul parent », soulignant leur interdépendance. Sous ces cercles figure une liste de vérification indiquant : « Élimine le racisme dans les règles actuelles »; « L'inscription comporte des avantages personnels et culturels intangibles »; ainsi qu'une série de questions : « Sans contraintes, le statut est transmis indéfiniment », accompagné d'un point d'exclamation pour insister; « Quelles en sont les implications? »; « Nécessite des normes communautaires/des Premières Nations ».
Plus bas figurent d'autres questions : « L'augmentation de l'inscription mettra-t-elle sous pression les ressources, le financement et créera-t-elle des iniquités? »; « Un soutien insuffisant pour ce processus—impossible de remettre en question les structures coloniales sous-jacentes ». À droite de cette section se trouve une bannière bleue indiquant : « Une loi fondée sur la parenté et l'appartenance : une approche décoloniale », accompagnée de flèches représentant le mouvement vers l'avant, ainsi que d'un cœur, d'une étoile et de représentations de personnes, de ressources et de financement. À gauche de cette bannière se trouve un document portant la mention « Garantir le choix », accompagné d'une ampoule, ainsi que la phrase : « Une Première Nation doit être habilitée et dotée de ressources pour gérer les changements qui en découlent », menant à trois flèches indiquant « trois trajectoires possibles? ». Sous ce document figure une image de poignée de main en bleu, intitulée : « Tout législateur doit faire la distinction—y compris les Premières Nations », accompagnée d'une scène de personnes réunies autour d'une table avec des bulles de dialogue indiquant :
- « Jusqu'où la restriction devrait-elle aller? »;
- « Quelle forme de discrimination est acceptable? »;
- « La véritable solution réside dans le contrôle par les Premières Nations »;
- « Beaucoup d'entre nous n'ont pas accès à tout! », le mot « tout » étant mis en évidence en rouge pour insister.
La section inférieure droite est principalement jaune et verte, avec des éléments bleus et rouges entremêlés, et est intitulée « Idées de mise en œuvre : garde-fous, informations et mesures de soutien ». Les exemples suivants sont fournis :
- « Examen législatif »;
- « Réunion de suivi pour réévaluation »;
- « Options pour permettre aux Premières Nations d'adhérer ou non à une modification de règle »;
- « Approche progressive »;
- « Disposition de caducité (par exemple 53) »;
- « Créer un organisme ou espace dédié, bien financé, pour faire progresser la discussion sur la citoyenneté »;
- « S'appuyer sur les lois autochtones—s'appuyer sur les codes d'appartenance régionaux ou nationaux »;
- « Les ordres juridiques autochtones renforcent la légitimité »;
- « Demander une prolongation du processus »;
- « Modèles de financement distincts hors réserve; nouveaux financements à long terme sur réserve »;
- « Soutien à la reprise de l'autorité des Premières Nations : les modes de gouvernance traditionnels pour traiter les enjeux sous-jacents »;
- « Le renforcement des capacités pour exercer l'autorité d'une Première Nation bénéficierait de ressources partagées (documents, espaces, etc.) »;
- « Les seuils de vote pourraient être définis selon les ressources matérielles ou les enjeux de gouvernance—différents selon la situation sur ou hors réserve ».
Sous ces éléments se trouvent trois images reliées entre elles par des flèches et accompagnées des questions suivantes :
- « Comment guérir en regardant vers le passé? »;
- « Comment guérir en regardant vers l'avenir? »;
- « Comment assurer la continuité de l'appartenance? »;
- « Quelles sont les responsabilités? ».
L'image de gauche montre un homme marchant avec une canne aux côtés d'un homme portant un enfant sur ses épaules. L'image du centre montre un enfant à côté d'une femme s'apprêtant à découper un poisson sur une table. L'image de droite montre une femme et deux enfants fabriquant ensemble des raquettes traditionnelles.
Équivalent textuel pour le graphique Règle d'un seul parent et sa mise en œuvre
Ce graphique visuel dessiné à la main présente différentes perspectives et considérations relatives à la mise en œuvre de la règle d'un seul parent pour la transmission du statut d'Indien. Il s'agit d'un graphique non linéaire qui utilise des illustrations de personnages, du texte manuscrit, des flèches, des formes circulaires et des couleurs dominantes telles que le vert, le brun, l'orange et le bleu.
L'image est divisée en quatre sections principales :
- section supérieure gauche;
- section inférieure gauche;
- section supérieure droite;
- section inférieure droite.
La section supérieure gauche de l'image est principalement composée de teintes vertes et brunes. Cette section présente les principales considérations liées au choix de la règle d'un seul parent comme solution à l'exclusion après la deuxième génération. Une bulle verte encadre la question suivante : « Si l'adoption d'une règle d'un seul parent constitue la solution, les catégories d'inscription devraient-elles être maintenues? ». En dessous, un tableau bleu est illustré. Dans la colonne de gauche figure le texte « Retour à 1985? Retour à 1951? », en référence aux modifications antérieures apportées à la Loi sur les Indiens, tandis que les lignes de la colonne de droite indiquent :
- « Certaines Premières Nations ont des droits liés à ces catégories—par exemple en matière de gouvernance », à côté d'une image représentant une personne déposant un bulletin de vote dans une urne;
- « Les catégories indiquent l'origine de l'inscription—cela présente-t-il une valeur pour les dossiers historiques, etc.? », à côté d'une image de livres et de documents illustrant des arbres généalogiques;
- « Mettons de côté, pour le moment, les questions liées aux certificats de concession de terres (scrip). Le statut ne peut pas être transmis. »;
- « Adoption : actuellement reconnue dans la Loi et cela ne modifie pas la capacité de transmettre le statut. ».
Une autre bulle verte encadre les mots « En paraphrasant—la règle d'un seul parent », suivis de la mention « À l'exception des personnes qui ont acquis le statut par mariage et de celles qui ont reçu un certificat de concession de terres (scrip)—ces personnes ne peuvent toujours pas transmettre leur statut », le mot « exception » étant souligné pour mettre l'accent. À droite figure le texte « Il pourrait subsister des iniquités après la mise en œuvre de cette mesure, lesquelles devront être corrigées », entouré d'un dessin représentant des personnes au sommet d'une falaise acclamant et pointant vers d'autres personnes au bas de la falaise qui tirent une échelle. Enfin, une grande illustration représente une série d'arbres verts et bruns dans lesquels sont intégrés des schémas de lignées familiales reliant les arbres entre eux afin de représenter un arbre généalogique. Un parent et un enfant s'enlacent, entourés de cœurs. Entre les arbres et les cœurs figure l'expression « Parenté, appartenance culturelle, ce qui n'aurait jamais pu être légiféré ». Des représentations de personnes apparaissent à l'intérieur de ces arbres, assises ou debout.
Dans la section inférieure gauche, des renseignements plus techniques sur la transmission du statut sont présentés au moyen d'un arbre généalogique. Celui-ci montre un homme ayant le statut (en bleu) et une femme sans statut (en jaune) ayant acquis le statut par son mariage avec cet homme. Ils ont des enfants qui ont tous droit au statut et peuvent le transmettre. Un autre homme sans statut (en jaune) est représenté à gauche de la femme et semble être son premier conjoint, avec lequel elle a eu un enfant. Cet enfant demeure sans statut malgré l'acquisition récente du statut par sa mère à la suite de son nouveau mariage. Des astérisques (*) précisent que la mère « N'acquiert pas le statut et ne le transmet pas » et que « si elle était adoptée, alors oui, elle obtiendrait le statut et pourrait le transmettre ». Un autre enfant, adopté par l'homme ayant le statut, est représenté comme ayant acquis le statut et pouvant le transmettre.
À côté de l'arbre généalogique, trois bulles de dialogue bleues émanent d'une personne colorée en bleu portant le titre « Adoptions ». Elles indiquent « Cela deviendrait une question de quantum de sang si le Canada contestait les adoptions… », « Le fardeau incomberait au Canada de démontrer l'avantage d'une discrimination à l'égard des personnes adoptées? », tandis qu'une personne bleue répond : « Peu probable », « Cela contreviendrait à l'article 1 de la Charte canadienne des droits et libertés. ».
Sous ces bulles figure la mention « Il faudrait plutôt traiter cette question et créer des mécanismes de gouvernance dans les lois des Premières Nations ». À droite se trouve une illustration représentant des personnes debout devant une enseigne « Aucun poste vacant », les bras croisés et pointant une autre personne, également les bras croisés, avec un cœur brisé. Cette scène est accompagnée du texte « Par exemple—un profond sentiment d'injustice lorsque des personnes non autochtones accaparent les ressources ». Une flèche relie l'ensemble à une balance représentant l'équité. À côté est écrit : « La Première Nation pourrait adopter des lois ou des politiques pour remédier à cette situation—toutefois, les questions sous-jacentes liées au financement adéquat des biens et services matériels ainsi qu'à la gouvernance demeurent. », les expressions « biens et services matériels » et « gouvernance » étant mises en évidence en vert.
La section supérieure droite est intitulée « Dans un modèle fondé sur l'autodétermination en matière de citoyenneté et de parenté ». En dessous figure une forme circulaire composée de quatre mains se rejoignant au centre du cercle, colorées en orange, bleu et vert. À l'intérieur du cercle sont inscrites les mentions « Quelles normes minimales garantiraient l'équité? » et « Source de l'autorité autochtone ». Autour de ce cercle se trouvent plusieurs bulles rectangulaires bleues présentant des considérations importantes relatives à un tel modèle de gouvernance. La bulle située en haut à gauche indique : « Soutien dirigé par les Autochtones pour harmoniser les lois d'une Première Nation avec d'autres cadres juridiques (droit canadien) », accompagnée d'une image d'une main tenant de l'argent et d'un diagramme de Venn. En dessous, une autre bulle indique : « L'objectif n'est pas une administration autochtone du système canadien—il s'agit de mettre en œuvre et de créer la légitimité "à notre manière" ». Les bulles situées en haut à droite contiennent les éléments suivants :
- « Processus de règlement des différends et d'appel », accompagné d'illustrations de mains levées;
- « Reconnaissance de tous les citoyens actuellement inscrits »;
- « Droits acquis »;
- « Les modifications futures aux règlements administratifs n'ont pas besoin de l'approbation ministérielle »;
- « Offrir des choix », accompagné d'un spectre allant de « cogestion » à « entièrement dirigé par la Nation », ainsi que des questions : « Personnalisé ou sur mesure? » et « Fondé sur le groupe linguistique? ».
Les bulles situées en bas à gauche indiquent : « Les ressources sont essentielles » et « Être conscient des enjeux liés à la véritable autorité par rapport aux organismes politiques ». À gauche se trouve une personne entourée de flèches circulaires, les mains levées et paraissant confuse, à côté de laquelle est inscrit « Inclure le suivi et l'évaluation ». Cette illustration est reliée à la mention « Et envisager… des mécanismes de protection à l'égard des organisations qui ne sont pas soumises à la surveillance des tribunaux ».
La section inférieure droite comprend trois bulles rectangulaires intitulées « Article 10 », « Article 11 » et « Ententes en matière d'autonomie gouvernementale », et est principalement composée de noir et de blanc. Dans la bulle « Article 10 », il est écrit : « Citoyenneté obtenue au moyen de la règle d'un seul parent et par d'autres moyens », avec des visages souriants dessinés au-dessus. Dans la bulle « Article 11 », il est écrit : « Quelles différences existeraient quant à la mise en œuvre? ». Cette bulle chevauche les deux autres types de gouvernance. Dans la bulle « Ententes en matière d'autonomie gouvernementale », il est écrit : « Quelles protections une personne pourrait-elle avoir si une Nation refusait certains droits en raison d'une règle plus restrictive? ». Sous ces bulles se trouve le dessin d'une personne devant une feuille de papier avec un stylo. Une flèche relie cette illustration au texte « Discussion sur la "liste générale" ». En dessous figurent les mentions « Par exemple, demande de transfert » et « Sur demande, une personne pourrait être inscrite sur la liste générale plutôt que d'être affiliée à une bande ». La population inscrite sur la liste générale est indiquée comme étant « environ 3 700 personnes ». À droite se trouve un graphique comportant une flèche ascendante au fil du temps, accompagné de la mention « Cela pourrait-il augmenter? ». Cette flèche pointe vers un groupe de personnes représentées dans un cercle dont le contour extérieur est en pointillés, accompagné du texte « Qu'en est-il d'une bande sans terres? ».
Équivalent textuel pour le graphique Article 10
Ce graphique visuel dessiné à la main présente des idées et des thèmes liés aux réformes élargies requises dans le cadre de l'article 10 de la Loi sur les Indiens ainsi qu'aux seuils de vote à double majorité nécessaires pour assurer la transition vers l'autonomie en matière d'appartenance en vertu de cet article. Il s'agit d'un graphique non linéaire qui utilise des illustrations, du texte manuscrit, des flèches, des formes circulaires et des couleurs dominantes telles que le vert, le bleu et le jaune.
L'image est divisée en trois sections principales :
- section supérieure gauche;
- section inférieure gauche et section inférieure centrale;
- section supérieure centrale et section droite.
La section supérieure gauche de l'image est composée principalement de vert, de jaune et de bleu. Dans la partie supérieure figurent trois bulles, chacune décrivant une option d'autonomie en matière d'appartenance : l'article 10 (vert), l'article 11 (jaune) et les ententes en matière d'autonomie gouvernementale (bleu).
La bulle relative à l'article 10 explique : « Les Premières Nations peuvent assumer le contrôle de l'appartenance à leur bande au moyen de règles et de codes approuvés par la ministre des Services aux Autochtones ».
La bulle relative à l'article 11 (jaune) explique : « L'inscription est déterminée en vertu de la Loi sur les Indiens; les personnes admissibles obtiennent automatiquement l'appartenance à la bande associée à leur Nation ».
Enfin, la bulle relative aux ententes en matière d'autonomie gouvernementale (bleu) explique : « L'inscription est déterminée en vertu de la Loi sur les Indiens, tandis que l'appartenance et d'autres affaires sont déterminées et régies par la Première Nation ». Un astérisque (*) et une flèche pointent vers cette bulle, accompagnés du texte : « Toujours impossible de définir la citoyenneté—lacune importante », les mots « lacune importante » étant soulignés pour mettre l'emphase dessus.
Sous cette section figurent des éléments importants à prendre en considération dans les discussions portant sur les seuils de vote en vertu de l'article 10. Premièrement, l'artiste illustre visuellement les liens entre les « enjeux liés aux seuils de vote », les « enjeux liés à l'exclusion de membres » et les « scénarios de forte croissance (attribuables aux changements apportés en ce qui concerne l'exclusion après la deuxième génération) ». Deuxièmement, l'artiste représente une éclaboussure d'eau dans laquelle apparaissent les mots « ralentir le rythme », à proximité de deux considérations clés : « Nous avons observé des exemples historiques et juridiques d'exclusion. Que se passerait-il si l'esprit de rareté change ait? » et « Quel est le risque juridique quant à la viabilité juridique—contrôle judiciaire? Contestation fondée sur la Charte? ». Les expressions « exemples d'exclusion » et « risque juridique » sont mises en évidence pour insister sur leur importance.
La section inférieure gauche et centrale de l'image présente d'autres considérations sous le sous-titre « participation ». Deux bulles de dialogue renvoient à l'idée que « nous avons entendu un discours semblable en 1981 » et contiennent les questions suivantes : « Y aura-t-il réellement un "afflux massif" de personnes? » et « Les listes de membres de bande et la mobilisation demeurent un enjeu constant ». Une personne vêtue de bleu et de noir est représentée et dit : « Nous avons besoin de soutien pour veiller au bon fonctionnement des processus et des structures liés au vote et à la participation électorale ». À côté de cette bulle figurent des représentations visuelles d'un téléphone mobile affichant le mot « voter » à l'écran et d'un ordinateur portable présentant un graphique, symbolisant les méthodes de vote en ligne. Une troisième illustration montre deux personnes en conversation, représentant les interactions en personne. Ces deux approches sont présentées comme étant importantes pour accroître la participation électorale. Cette section mène à un groupe de personnes réunies en cercle autour du texte : « Les Premières Nations disposent de moyens significatifs pour parvenir à un consensus (dans le cadre de leurs traditions et de leurs lois) », le mot « lois » étant mis en évidence en caractères gras. À côté, une bulle indique : « Préserver la légitimité du processus aux yeux de la communauté ». Une flèche accompagnée du texte « pour contrer cela » pointe vers l'image d'un homme recroquevillé, représenté en gris, entouré de nuages gris et d'une fissure grise dans le sol. Les mentions « sentiment d'impuissance (et non d'apathie) » et « répercussions continues de la colonisation » y figurent également. Une bulle de pensée associée à cet homme contient la phrase : « À quoi bon participer… », ce qui laisse entendre que ces facteurs influencent la confiance accordée au processus. Au centre inférieur de l'image, deux personnes se serrent la main à l'intérieur d'une couronne entourant les mots « Rétablir la confiance ». Sous cette illustration se trouve une bulle verte portant la mention « Approche modale ». À proximité se trouve un paysage montrant deux adultes, trois enfants et un chien contemplant une rivière avec des montagnes à l'horizon. Sous cette scène est inscrit : « Transformer les relations de gouvernement à gouvernement : fondement du respect, de la confiance et de l'équité ». En dessous figure la phrase : « Faire confiance aux Premières Nations pour démontrer leur autodétermination », l'expression « autodétermination » étant mise en évidence.
La section supérieure centrale et de droite est indiquée par une bannière jaune sur laquelle est inscrit « Certains principes ». En dessous, on lit « Choix », avec la mention « Les Premières Nations pourraient déterminer le type de mesures de soutien—ou décider de n'en recevoir aucune! ». Au-dessus de ce point, deux ordinateurs portables sont placés côte à côte, reliés par une flèche circulaire. À côté est écrit « Approche modale ou fondée sur une distinction », sous lequel figure la mention « Il ne s'agira pas d'une approche ponctuelle. ». À côté se trouve le principe intitulé « Déférence », sous lequel est écrit : « Le Canada a un rôle et une obligation pour ce qui est de soutenir les Premières Nations dans l'atteinte de leurs objectifs, notamment en matière de financement, de capacités et de mise en œuvre » et « Reconnaître que les conditions matérielles doivent d'abord être réunies », accompagné d'une flèche pointant vers la partie submergée d'une image d'un glacier. À côté est inscrit : « Définir les obligations du Canada », au-dessus de « Cela varie parce que les répercussions du colonialisme varient », au-dessus de « Inclusion ». Sous ce dernier est écrit : « Ne laisser personne de côté—nous connaissons nos familles (pourquoi le Canada/la Couronne s'en préoccupe-t-il/elle?) ». À côté figure un dernier principe fondamental intitulé « Appels », sous lequel est écrit : « La Couronne entend souvent les personnes qui cherchent à obtenir réparation. »
Sous l'ensemble de ces principes se trouve un aperçu des solutions discutées. À côté d'une bulle portant le chiffre un (« 1 ») et écrite en bleu figure « Proposition no 1 : Seuil de majorité simple ». À côté d'une bulle portant le chiffre deux (« 2 ») et écrite en vert figure « Transférer le contrôle des listes d'appartenance aux Premières Nations », avec une flèche pointant vers cette solution et reliant l'inscription « La Couronne doit abandonner le contrôle », le mot « abandonner » étant mis en évidence. À côté d'une bulle portant le chiffre trois (« 3 ») et écrite en noir figure « Mise en œuvre de la solution no 2 : transfert du contrôle aux Premières Nations », à partir de laquelle se trouve une bulle de dialogue indiquant : « Il est temps d'avoir une conversation élargie—Services aux Autochtones Canada pourrait-il en être l'hôte? ».
Dans la partie supérieure de la section de droite est écrit : « Que pourrait-on améliorer? ». En dessous figure la mention « Le financement est tellement cloisonné… », le mot « cloisonné » étant représenté par des silos verts distincts. À côté, une vague s'écoule à partir des silos pour illustrer une approche plus naturelle à l'égard du financement, sur laquelle est écrit : « Mais la transformation du financement ne justifie pas que Services aux Autochtones Canada contrôle le statut », à côté de quelques marionnettes suspendant des pièces de monnaie à l'aide d'une ficelle. Sous cette illustration se trouve une bannière indiquant « Adéquation, équité et transparence du financement », d'où découlent les éléments suivants :
- « Nous aurons besoin d'un plus grand partage d'information de Nation à Nation », représenté par des flèches circulaires, ainsi que « Davantage de renforcement des capacités ».
- « Besoin de données »
- « Nouveaux accords et processus de gouvernance »
- « Prendre le temps nécessaire »
À côté se trouve une illustration représentant une bulle de réflexion indiquant « Est-ce motivé par la réduction des coûts? », coupée par une paire de ciseaux, avec une personne levant les mains d'un air interrogateur et entourée de points d'interrogation (?), ainsi qu'une autre bulle de dialogue portant la mention « Non ». À gauche de cette illustration se trouve un graphique à barres, accompagné d'un symbole de dollar et coloré en vert, dont les deux barres les plus à droite sont principalement remplies de points d'interrogation (?) qui augmentent au fil du temps. Au-dessus figure le texte « Services de programme, etc. » et « Planification pour S-3, C-3, etc. », illustrant les incertitudes liées aux coûts estimés des programmes découlant des modifications passées et en cours à la Loi sur les Indiens. À côté se trouve le dessin d'une pièce de monnaie avec des flèches circulaires pointant vers un groupe de personnes. En dessous est écrit : « Le financement devrait-il suivre l'appartenance ou l'inscription? Les dissocier. », l'expression « Les dissocier » étant en rouge afin de mettre l'accent sur ce message.
À droite du point intitulé « Mise en œuvre » se trouve une image représentant une excavatrice creusant le sol ainsi que des mains échangeant d'importantes sommes d'argent. En dessous figure une bulle de dialogue indiquant : « La valeur tirée de l'extraction des ressources devrait être retournée aux Nations! ». À gauche de cette image se trouve un ordinateur portable sur lequel est écrit « Liste de SAC », ainsi qu'une grande flèche verte (sur laquelle est inscrit « Flux de fonds provenant du Canada ») pointant vers une image représentant un groupe de personnes désignées comme « Membres inscrits ». Un cercle les entoure et chevauche les cercles d'autres groupes de personnes, dont l'un est désigné comme « Personnes vivant à l'extérieur de leur communauté d'origine » et l'autre comme « Membres non-inscrits (reconnus par la communauté en vertu de l'article 10, etc.) ». Des exemples de personnes appartenant à ce groupe comprennent :
- « Il pourrait s'agir de membres de la famille vivant dans une réserve. »
- « La Première Nation pourrait fournir des services à davantage de personnes qu'aux seuls membres de la bande. »
- « Il pourrait s'agir de personnes ayant perdu leur statut ou de personnes qui ne satisfont pas aux critères d'admissibilité aux soins médicaux … C'est complexe. », l'expression « C'est complexe » étant soulignée pour mettre l'accent sur ce point.
- « Oui, les personnes devraient être protégées contre la discrimination dans le cadre de ce transfert de pouvoir ».
À côté se trouve un sentier aménagé sur le flanc d'une colline, au-dessus duquel est écrit « Reconnaissance du sous-financement ». Au bas de la colline se trouve un groupe de personnes, tandis qu'au sommet se trouve un autre groupe de personnes devant des maisons, avec des pièces de monnaie représentées au-dessus d'elles. Les deux groupes sont distingués par les couleurs verte et bleue. Le groupe intitulé « Membres non-inscrits » est également visé par une flèche accompagnée de la mention : « La Nation ne reçoit aucun financement ici ».
Équivalent textuel pour le graphique Réformes plus larges
Ce graphique visuel dessiné à la main présente des idées et des thèmes liés à des réformes élargies concernant l'inscription, la citoyenneté, l'appartenance, ainsi que les droits et l'identité tant individuels que collectifs. Il s'agit d'un schéma non linéaire qui utilise des figures illustrées, du texte manuscrit, des flèches, des formes circulaires et des couleurs dominantes telles que le bleu, le vert et le jaune.
L' image est divisée en quatre sections principales :
- section gauche;
- section supérieure centrale;
- section inférieure centrale;
- section droite.
La section gauche est principalement bleue et présente cinq personnes assises autour d'une table. La question posée en haut de cette section est : « Qu'est-ce qui restaurera la Nation? ». Des bulles de dialogue illustrent les réponses des personnes autour de la table :
- « L'accès aux données et leur contrôle doivent aller de pair avec la capacité des communautés à en assurer la gestion »; « les Nations comme source d'autorité »;
- « Protection des données (par exemple, confidentialité) »;
- « L'inscription par l'État (par exemple, listes, cartes, etc.) permet à celui-ci de s'acquitter de ses responsabilités envers les peuples autochtones ».
En dessous, une illustration d'une personne et de plusieurs figures en arrière-plan développe les responsabilités de l'État envers les peuples autochtones. Une note surlignée en jaune indique : « L'identité des Premières Nations n'est pas, et ne devrait pas être, déterminée de cette manière », en référence à l'inscription dirigée par l'État. Les termes « citoyenneté » et « parenté » entourent les figures, soulignant l'importance des relations et de l'appartenance fondée sur la communauté.
La section centrale présente trois cercles superposés, chacun posant une question différente :
- « Comment transférer l'autorité? »
- « Quelles informations circuleraient et comment seraient-elles harmonisées avec la DNUDPA, etc.? »
- « Devrait-il y avoir un registre central? Cela ferait-il progresser la citoyenneté des Premières Nations? »
Deux autres cercles superposés ajoutent une quatrième question : « Qu'est-ce qui manque? ». Une illustration d'un graphique portant la mention « SAC » comprend la note suivante : « Les dossiers sont la propriété intellectuelle des Nations : ils sont détenus collectivement (par exemple, naissances, décès, dossiers/documents) ». Une autre note indique : « Les lois fédérales et les lois sur la protection des renseignements personnels devront être modifiées », ainsi que « une base profonde de confiance dans les façons de faire de chacun est nécessaire ».
Il est fait mention d'une tension entre les droits individuels (et un modèle occidental) et les droits collectifs de propriété intellectuelle (et les lois propres aux Nations et aux Autochtones) en matière de détermination de l'appartenance.
La partie inférieure centrale approfondit cette tension et montre une personne avec des documents et le mot « Confidentialité » entre guillemets pour en souligner l'importance. Une note précise que « si des preuves ou des dossiers sont partagés avec la Couronne (droits/intérêts individuels en matière de confidentialité…), ces dossiers devraient être partagés avec la Nation, si celle-ci gère l'inscription ». Cela relie les droits à la « confidentialité » au droit « d'être reconnu », « de savoir qui l'on est » et d'être « protégé » collectivement.
Dans la section droite de l'image se trouve une forme verticale évoquant une flamme. En haut, un cercle bleu-vert est intitulé : « Premières Nations et peuples autodéterminés et prospères ». Il est ensuite indiqué que :
- « la mise en œuvre exigera une coordination technique approfondie et des ressources importantes »;
- « la Couronne s'engage à élaborer une nouvelle loi sur la parenté et l'appartenance – pas seulement une extension; pas seulement des réformes »
- « se référer à la Loi C-92 et aux accords de coordination ».
En dessous figure la mention « Aller au-delà de la Loi sur les Indiens », avec les textes « Ne laisser personne de côté » et « se réunir à nouveau avec des voix fortes ». Une illustration de trois personnes marchant contient une bulle indiquant que « la détermination de la citoyenneté est un point de départ », nécessitant des « dialogues ouverts, continus et honnêtes ».
À côté se trouve un sentier aménagé sur le flanc d'une colline, au-dessus duquel est écrit « Reconnaissance du sous-financement ». Au bas de la colline se trouve un groupe de personnes, tandis qu'au sommet se trouve un autre groupe de personnes devant des maisons, avec des pièces de monnaie représentées au-dessus d'elles. Les deux groupes sont distingués par les couleurs verte et bleue. Le groupe intitulé « Membres non-inscrits » est également visé par une flèche accompagnée de la mention : « La Nation ne reçoit aucun financement ici ».
À côté de la flamme, une ligne courbe bleue porte le texte « Respect de l'autorité des Premières Nations sur l'appartenance, la gouvernance et les services », tandis que sur la flamme figurent les mots « autorité », « protocoles », « langue », « territoire » et « mise en œuvre des lois autochtones ».
Définition de la viabilité juridique
Les membres du Comité ont été invités à exprimer leur compréhension de la viabilité juridique et à expliquer en quoi celle-ci avait guidé leur analyse. Il s'agissait notamment d'examiner si les solutions proposées pouvaient être mises en œuvre dans le cadre juridique canadien existant tout en respectant les obligations constitutionnelles, notamment l'article 35 de la Loi constitutionnelle; les articles 7, 15, 25 et 28 de la Charte canadienne des droits et libertés; ainsi que les engagements pris par le Canada au titre de la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 3
Bien que la conformité constitutionnelle et législative reste importante pour déterminer la viabilité juridique, les rapports ont également souligné qu'une solution n'est juridiquement viable que si elle est également légitime, applicable et compatible avec les ordres juridiques autochtones (OJA) et l'autodétermination.Note de bas de page 4 Les membres ont échangé leurs points de vue sur la diversité des OJA et sur la nécessité d'assurer la conformité avec les traditions juridiques autochtones, dont beaucoup sont propres aux ordres juridiques de communautés spécifiques mais comprennent des principes tels que la légitimité, la transparence, la réciprocité, la délibération et l'amour.Note de bas de page 5 La cohérence normative envers ces principes sous-jacents, et donc avec le droit autochtone en général, ne doit pas être considérée comme une obligation abstraite à laquelle une solution doit satisfaire, mais plutôt comme la nécessité de veiller à ce que la solution soit correctement « intégrée dans des récits, des pratiques et des enseignements qui assurent une continuité dans le temps » [traduction].Note de bas de page 6
Les contraintes et les protections prévues par la Charte ont également été examinées. Par exemple, alors que l'article 25 protège l'exercice des droits autochtones et l'autonomie gouvernementale contre toute atteinte résultant de recours individuels fondés sur la Charte, la garantie de l'égalité entre les sexes prévue à l'article 28 et à l'article 35(4) de la Constitution l'emporte sur celle-ci.Note de bas de page 7 Inversement, dans l'affaire Dickson, la Cour suprême a jugé que, bien que les dispositions de la Charte s'appliquent aux gouvernements et aux lois autochtones, « lorsqu'une règle contestée reflète l'autonomie gouvernementale autochtone ou les traditions juridiques autochtones, l'article 25 peut avoir pour effet d'empêcher une requête fondée sur la Charte » [traduction].Note de bas de page 7 Les rapports mettaient en garde contre le risque que, même si certaines solutions peuvent être juridiquement viables, leur faiblesse réside dans leur incompatibilité avec les objectifs d'autodétermination des Premières Nations.Note de bas de page 8
Il convient de noter que la prise en compte du droit national parallèlement au droit international et aux ordres juridiques autochtones (OJA) constituait une préoccupation majeure pour de nombreux membres. Dans son rapport final, Mme Sarah Morales (Su-taxwiye) a écrit que le droit international est « un ensemble de lois qui façonne et limite de plus en plus la manière dont le Canada comprend ses propres obligations juridiques » [traduction], et que l'affirmation de la Déclaration des Nations Unies selon laquelle les peuples autochtones ont le droit à l'autodétermination – ainsi que des droits politiques, juridiques, économiques, sociaux et culturels distincts – « reflète un consensus émergent au sein du droit international selon lequel les ordres juridiques autochtones ne sont pas des systèmes subordonnés, mais constituent plutôt des sources indépendantes d'autorité juridique » [traduction].Note de bas de page 9 Sarah Morales a écrit que le droit international ou national ne devrait pas être considéré comme remplaçant les normes de OJA, mais plutôt « comme l'un des volets d'une approche globale, dans laquelle chaque système juridique conserve son intégrité tout en interagissant avec les autres » [traduction].Note de bas de page 10
La plupart des membres, dont l'honorable Lillian Dyck, ont fait valoir la nécessité de prendre en compte la viabilité juridique au-delà du simple respect des obligations découlant du droit international ou des responsabilités définies dans la législation nationale. Mme Lillian Dyck a écrit que les traditions spirituelles et culturelles des Premières Nations devraient être prises en considération au même titre que les autres éléments,Note de bas de page 11 tandis que la cheffe régionale Marsha Smoke et Crystal Stevens, s'exprimant au nom de la Nation Anishinabek, ont fait remarquer que la question de savoir si une solution résisterait à une contestation constitutionnelle est une chose, mais qu'elle pourrait néanmoins être juridiquement fragile si elle est incompatible avec les objectifs d'autodétermination.Note de bas de page 12
Solutions pour l'exclusion après la deuxième génération
Solution 1 : Règle d'un seul parent
Description de la solution
La détermination du droit à l'inscription dépendrait du fait que les personnes aient au moins un parent qui est, ou qui était au moment de son décès, admissible à l'inscription à titre permanent, sauf indication contraire.
Viabilité juridique
Une grande majorité des membres ont jugé cette approche juridiquement viable, bien que les avis aient divergé quant à savoir si elle devait constituer une solution permanente ou une mesure provisoire en attendant la mise en place de cadres de citoyenneté dirigés par les Premières Nations.
Réponses à l'égard des options de solutions proposées par les Premières Nations
La règle d'un seul parent a été fréquemment proposée par les Premières Nations et les organisations représentatives, apparaissant dans 26 des 39 rapports finaux soumis à ce jour. De même, 305 des 399 répondants au formulaire de rétroaction individuelle l'ont sélectionnée comme solution souhaitable.
Analyse du CRISJ
Les avis des membres concernant la viabilité d'une règle d'un seul parent étaient partagés, la plupart la jugeant viable à condition que des contraintes soient mises en place pour éviter qu'elle ne devienne un cadre permanent et durable pour déterminer le droit.
Dans leurs rapports, la Nation Anishinabek et Sarah Morales ont observé qu'en pratique, l'admissibilité fonctionne déjà de manière similaire à un modèle monoparental, puisque l'admissibilité dépend d'un parent admissible tandis que des restrictions s'appliquent au deuxième parent. Ils ont noté que l'approche proposée formaliserait cette structure tout en supprimant les restrictions liées au deuxième parent.Note de bas de page 13 Le rapport de la Nation Anishinabek a également noté que cette solution permettrait de maintenir le rôle du gouvernement fédéral dans la définition de l'admissibilité tout en limitant la capacité des Premières Nations à exercer légitimement leur compétence sur la citoyenneté et l'appartenance.Note de bas de page 14 Ainsi, Drew Lafond, s'exprimant au nom de l'Association du barreau autochtone (ABA), et la Nation Anishinabek partagent l'avis que la règle d'un seul parent est « acceptable comme mesure immédiate… mais… pas une solution complète ou autonome » [traduction] et que sa viabilité « dépend expressément du développement d'un cadre clair, fondé sur le consentement, de désinscription par lequel les Premières Nations peuvent assumer leur compétence sur la citoyenneté et l'appartenance » [traduction].Note de bas de page 15
Lillian Dyck a exprimé ses inquiétudes selon lesquelles une règle d'un seul parent, « même si elle part d'une bonne intention, ne reconnaît pas le droit des Premières Nations de choisir comment elles souhaitent elles-mêmes résoudre le problème » [traduction].Note de bas de page 16 En outre, Lillian Dyck a souligné que la mise en œuvre sans l'obtention d'un consentement libre, informé et préalable (CLIP) pourrait être incompatible avec les obligations du Canada en vertu de la Déclaration des Nations Unies. Elle a aussi indiqué que, lorsque la CLIP est obtenue, les Premières Nations devraient avoir la possibilité de s'engager dans cette approche.Note de bas de page 11
Les participants ont également exprimé des points de vue divergents quant à la conformité de la règle d'un seul parent avec la Déclaration des Nations Unies. Dr Aaron Mills a indiqué que la règle d'un seul parent respectait mieux les articles 1 et 2 de la Déclaration des Nations Unies que l'exclusion après la deuxième génération, tandis que Dr Damien Lee a noté qu'elle semblait conforme aux articles 5, 8.1, 8.2, 9, 22.2, 33.1, 34, 35 et 37.Note de bas de page 17 Malgré des points de vue divergents, les membres se sont accordés pour mettre en garde contre l'imposition de cette solution aux communautés sans leur consentement libre, informé et préalable (CLIP).
Considérations liées à la mise en œuvre
Les participants ont identifié un certain nombre de considérations de mise en œuvre liées à l'approche proposée. Les rapports ont souligné que la mise en œuvre pourrait entraîner des pressions opérationnelles nécessitant des financements supplémentaires et un soutien en matière de capacités pour les Premières Nations, ainsi que des mécanismes clairs pour traiter les différences entre le processus d'inscription fédéral et les processus de détermination de l'appartenance ou de la citoyenneté des Premières Nations.
Les membres ont également exprimé des points de vue divergents quant à savoir si cette approche devait s'appliquer indéfiniment. Certains membres se sont prononcés en faveur d'une mise en œuvre permanente, tandis que d'autres ont souligné que les Premières Nations ont des traditions juridiques et des approches distinctes en matière d'appartenance qui pourraient ne pas s'harmoniser avec un modèle permanent défini au niveau fédéral.Note de bas de page 18 Par exemple, on a souligné que la loi Anishinaabe ne souscrit pas à l'idée que l'appartenance raciale se produit au fil du temps et, plutôt que de conceptualiser l'identité en fonction de la pureté raciale ou ethnique, « sa mesure de l'appartenance réside dans la manière dont chacun exerce ses responsabilités de filiation » [traduction].Note de bas de page 19
Le rapport de l'ABA a mis en évidence les risques et la vulnérabilité des Premières Nations dont les capacités administratives ne sont pas adaptées pour répondre aux besoins de la population admissible que cette solution créerait.Note de bas de page 20 Le chef national Brendan Moore et Robert Russell, s'exprimant au nom du Congrès des peuples autochtones (CPA), ont proposé dans leur rapport une mesure d'atténuation, prévoyant une mise en œuvre automatique, selon laquelle toutes les personnes actuellement inscrites en vertu du paragraphe 6(2) seraient transférées au paragraphe 6(1) sans qu'il soit nécessaire de déposer une demande individuelle.Note de bas de page 21 Les membres ont noté qu'une telle approche pourrait réduire la charge administrative et les pressions liées au traitement des demandes. Cependant, ils ont également souligné que la mise en œuvre nécessiterait une coordination avec les Premières Nations et les personnes touchées, y compris la possibilité de mettre en place des mécanismes de retrait si jamais une personne s'oppose à cette approche.
Les membres ont également noté que la mise en œuvre de la règle d'un seul parent sans modifications correspondantes aux seuils de vote en vertu de l'article 10 pourrait susciter des inquiétudes pour les Premières Nations cherchant à prendre le contrôle de leur liste de membres. Plus particulièrement, l'ABA a indiqué que le fait de maintenir les seuils de vote existants tout en élargissant la population inscrite « peut être perçu comme une atteinte à la légitimité de la gouvernance [des Premières Nations] plutôt qu'un simple élargissement de l'inclusion » [traduction].Note de bas de page 20
Les membres ont également souligné l'importance de veiller à ce que la mise en œuvre ne perpétue pas les définitions fédérales imposées en matière d'identité et d'appartenance. Les rapports ont souligné la nécessité de reconnaître les répercussions des approches législatives passées qui régulaient l'indigénéité à travers des cadres genrés, racialisés et hétéronormatifs. Afin de gérer ce qu'ils perçoivent comme un discours évoquant un « effet de barage », tant l'ABA que Lee ont mis en garde contre la réintroduction d'exclusions arbitraires et la réapparition de discriminations par le biais de la réinstauration de « seuils d'ascendance, de dates limites arbitraires ou d'une rétroactivité partielle ».Note de bas de page 22
Il est donc important que toute solution à l'exclusion après la deuxième génération ne prenne pas la forme d'un rôle fédéral permanent, mais constitue plutôt un moyen temporaire de corriger les inégalités tout en donnant du temps aux Premières Nations pour développer et mettre en œuvre leur propre cadre de citoyenneté dirigé par les Premières Nations. Plusieurs membres, dont l'ABA, la Nation Anishinabek et Dyck, ont souligné qu'une règle d'un seul parent maintient le statu quo, selon lequel le contrôle demeure entre les mains du gouvernement fédéral, et qu'elle est insuffisante puisqu'elle ne reconnaît pas le droit des Premières Nations de choisir et de mettre en œuvre leur propre solution.Note de bas de page 23 L'ABA a notamment indiqué que, tant que le Canada demeurera le seul décideur en matière de citoyenneté autochtone, une règle fondée sur un seul parent, à elle seule, ne répondra pas aux préoccupations soulevées au regard de l'article 35 de la Constitution.Note de bas de page 24 Elle ne devrait être envisagée que comme une mesure transitoire et être accompagnée d'un cadre clair, fonde sur le consentement et de retrait permettant aux Premières Nations d'assumer la compétence exclusive en matière de citoyenneté.Note de bas de page 20
Bien qu'une règle d'un seul parent puisse être instaurée parallèlement à une disposition de retrait à l'intention des Premières Nations dans le cadre d'un même train de mesures législatives, cette approche pourrait réduire les travaux futurs de modification des systèmes, mais nécessiterait « d'importants travaux préparatoires en matière d'élaboration des politiques, de consultation, de développement des systèmes et de coordination intergouvernementale et, d'un point de vue opérationnel, [...] retarderait vraisemblablement l'accès aux mesures de réparation pour les personnes touchées ».Note de bas de page 25 À l'inverse, la mise en œuvre immédiate d'une règle d'un seul parent, accompagnée d'un engagement législatif et d'un échéancier précis en vue de l'établissement d'un cadre relatif à la citoyenneté des Premières Nations, permettrait d'accorder plus rapidement des mesures de réparation aux personnes actuellement touchées, bien qu'elle puisse entraîner certains risques sur le plan opérationnel.Note de bas de page 25
En fin de compte, dans leurs rapports, tous les membres s'accordaient sur le fait que « la gestion de la transition [est] essentielle à la réussite de la mise en œuvre » et qu'il n'est pas possible de résoudre rapidement l'enjeu de l'exclusion après la deuxième génération.Note de bas de page 26 Il faudra au contraire du temps, de la diligence et de la détermination de la part du gouvernement pour reconnaître les torts causés par le passé et éviter qu'ils ne se reproduisent, tout en accordant aux Premières Nations la possibilité d'exercer leur autorité et leur compétence en matière d'appartenance.
Solution 2 : Transfert du contrôle aux Premières Nations
Description de la solution
Les droits relèveraient de la compétence des Premières Nations, qui auraient le pouvoir d'élaborer des critères, d'évaluer les demandes, de rendre une décision et de soumettre la décision au Ministère à titre d'information.
Viabilité juridique
Six des 7 membres ont jugé cette solution comme juridiquement viable, 2 d'entre eux précisant que la viabilité dépendra des considérations liées à la mise en œuvre. Un participant a jugé que cette approche n'était pas juridiquement viable.
Réponses à l'égard des options de solutions dirigées par les Premières Nations
Le transfert de contrôle aux Premières Nations a été identifié dans 19 des 39 rapports finaux et 160 des 399 répondants du formulaire de rétroaction individuelle l'ont choisi comme solution souhaitable.
Analyse du CRISJ
D'une manière générale, une approche visant à transférer aux Premières Nations le contrôle des processus d'inscription prévus par la Loi sur les Indiens a été jugée juridiquement viable en ce qui a trait au droit canadien et aux cadres internationaux relatifs aux droits de la personne, sous certaines conditions.Note de bas de page 27 Il a été souligné à plusieurs reprises que cette solution particulière était l'une de celles, voire la plus conforme, aux cadres nationaux et internationaux relatifs aux droits de la personne, notamment la Charte des droits et libertés, la Déclaration des Nations Unies et la Loi sur la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 28
Les participants ont exprimé des points de vue divergents quant à la mesure dans laquelle une surveillance ou une intervention fédérale pourrait continuer d'être nécessaire pendant la mise en œuvre ou la transition. Certains ont souligné qu'une implication fédérale continue pourrait être nécessaire pour limiter la discrimination et favoriser l'alignement sur la Déclaration des Nations Unies, tandis que d'autres ont mis en garde contre le fait qu'une surveillance fédérale excessive pourrait porter atteinte à l'autodétermination des Premières Nations et perpétuer les structures coloniales.Note de bas de page 29 Les rapports ont également noté que cette approche pourrait mieux s'aligner sur les ordres juridiques autochtones, qui peuvent conceptualiser la citoyenneté à travers les relations, les responsabilités, la parenté et l'appartenance plutôt qu'uniquement à travers des critères législatifs. Parallèlement, Damien Lee, Sarah Morales et Aaron Mills ont mis en garde contre le fait que les Premières Nations elles-mêmes pourraient adopter des définitions rigides ou exclusives de la citoyenneté qui pourraient potentiellement entrer en conflit avec les principes contenus dans la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 30
Considérations liées à la mise en œuvre
Les participants ont souligné que, pour que cette approche soit juridiquement viable, sa mise en œuvre devrait être soigneusement conçue et structurée. Les rapports ont mis en évidence plusieurs considérations clés, notamment que la mise en œuvre devrait :
- donner aux Premières Nations l'autorité totale et inconditionnelle pour identifier les méthodes permettant de déterminer qui fait partie de leur peuple et comment mettre en œuvre ces méthodesNote de bas de page 11;
- respecter à la fois le droit collectif des Premières Nations à l'autodétermination et les droits des personnes individuelles des Premières Nations qui ne peuvent pas être reconnues comme membres par un conseil de bandeNote de bas de page 31;
- être bien structuréNote de bas de page 32, respecter les droits et besoins des Premières Nations (y compris le CLIP)Note de bas de page 33 et fournir un soutien et des ressources significatifs pour renforcer la capacité des Premières Nations à prendre le contrôle des processus d'inscriptionNote de bas de page 34;
- reconnaître que la citoyenneté et l'appartenance aux ordres juridiques autochtones sont liées à l'identité, à la parenté et à la gouvernance, plutôt qu'à de simples questions de politique administrativeNote de bas de page 35;
- limiter les risques de discrimination, y compris la discrimination affectant les membres vivant hors réserveNote de bas de page 36;
- veiller à ce que le Canada conserve ses responsabilités et obligations financières liées à l'inscriptionNote de bas de page 34;
- transférer aux Premières Nations le pouvoir décisionnel (plutôt que de simplement leur déléguer ce pouvoir), et mettre en place des garanties procédurales ainsi qu'un mécanisme indépendant de révision dirigé par des AutochtonesNote de bas de page 37; et
- fournir aux Premières Nations les capacités nécessaires pour élaborer et administrer leurs propres lois en matière de citoyenneté ou d'appartenance (y compris les critères d'admissibilité, la gestion des registres et les mécanismes de règlement des différends)Note de bas de page 38.
Les rapports de la Nation Anishinabek et Morales ont souligné qu'un financement durable et à long terme, adapté à la croissance démographique et aux changements démographiques, serait nécessaire pour soutenir la mise en œuvre.Note de bas de page 39 Les participants ont également encouragé des approches de mise en œuvre par étapes et progressives afin de garantir que les changements à grande échelle soient mis en œuvre correctement et de manière à respecter les échéanciers des Premières NationsNote de bas de page 40, les structures de gouvernance et les relations issues des traites existants.Note de bas de page 41
Les rapports ont également souligné que la participation au processus de transition doit rester optionnelle afin de respecter l'autodétermination des Premières Nations.Note de bas de page 41 Quel que soit le modèle de mise en œuvre adopté, les membres ont insisté sur le fait que les ordres juridiques autochtones et les processus autochtones de règlement des litiges devaient jouer un rôle central dans la résolution des conflits et des différends afin de réduire le recours aux cadres juridiques coloniaux.Note de bas de page 42
Parallèlement, les membres ont mis en garde contre le fait que certaines Premières Nations pourraient adopter des conceptions rigides de la citoyenneté qui ne correspondent pas aux conceptions relationnelles de l'appartenance reflétées dans certaines visions du monde autochtone.Note de bas de page 43 Les participants ont noté que cette possibilité pourrait nécessiter des garanties supplémentaires, des mécanismes de représentation ou des considérations en matière de contrôle afin d'assurer la conformité avec la Déclaration des Nations Unies et les principes élargis des droits de la personne.Note de bas de page 43
L'approche des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations, telle que définie dans la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis (ancien projet de loi C-92), a souvent été présentée comme un modèle efficace pour orienter la mise en œuvre dans ce domaine, en permettant avant tout de placer les coutumes propres à chaque Première Nation au cœur de la prestation des services destinés aux membres de cette Première Nation.Note de bas de page 44 Advenant qu'une solution visant à corriger l'exclusion après la deuxième génération soit mise en œuvre dans le cadre d'un train de mesures législatives inspiré du projet de loi C-92, il serait essentiel de prévoir des dispositions claires concernant les exigences en matière d'avis, la coordination avec les gouvernements provinciaux et fédéral, le soutien financier ainsi que les règles de conflit de lois applicables pendant la période de transition afin d'assurer une transition et une mise en œuvre réussies.Note de bas de page 45
Les participants ont également évoqué différentes possibilités quant à la nature de l'implication fédérale après la mise en œuvre. Par exemple, le Canada pourrait continuer à gérer des bases de données d'inscription centrales ou des systèmes de conservation des données tout en aidant les Premières Nations à se préparer à la transition et à la gérer.Note de bas de page 41
Certains membres ont en outre proposé la création d'organismes régionaux fonctionnant indépendamment du gouvernement fédéral. Dans le cadre de ce modèle, ces organismes pourraient contribuer à la supervision, à la coordination ou au règlement des différends liés aux codes de citoyenneté ou d'appartenance, tout en fournissant au gouvernement fédéral les informations définitives sur la citoyenneté ou l'appartenance à des fins d'inscription.Note de bas de page 46
Solution 3 : Utilisation du quantum de sang et de l'ADN
Description de la solution
Le quantum du sang est un système principalement utilisé aux États-Unis pour définir l'identité autochtone en fonction de la proportion d'ascendance autochtone attribuée à une personne. L'utilisation de l'ADN implique l'établissement de critères pour déterminer l'identité autochtone sur la base de preuves biologiques ou généalogiques et des antécédents familiaux.
Viabilité juridique
Deux membres ont indiqué que cette approche ne serait viable que si elle était adoptée par les Premières Nations dans le cadre de l'exercice de leur autodétermination et s'appuyait sur les traditions juridiques ou les systèmes de gouvernance autochtones. Cinq des 7 membres ont estimé que cette solution n'était pas juridiquement viable à l'échelle nationale.
Réponses à l'égard des options de solutions dirigées par les Premières Nations
L'utilisation du quantum de sang ou de l'ADN a été proposée dans 2 des 39 rapports finaux soumis par les partenaires, 34 des 399 répondants du formulaire de rétroaction individuelle proposant un quantum de sang et 53 des 399 répondants suggérant l'utilisation de l'ADN. Dans tous les contextes, ces solutions ont été soulevées avec prudence et ne sont pas nécessairement la solution préférée ou approuvée par les personnes ou la communauté.
Analyse du CRISJ
Les perceptions de l'utilisation du quantum de sang et de l'ADN pour déterminer le droit à l'inscription et à l'appartenance étaient largement cruciales parmi les membres du comité, 5 membres affirmant que cette approche n'était pas viable. Lillian Dyck et Sarah Morales ont tous 2 indiqué que ces approches peuvent être considérées comme viables dans la mesure où elles sont adoptées par les Premières Nations comme exercice d'autodétermination et où elles s'appuient sur leurs propres traditions juridiques ou pratiques contemporaines.Note de bas de page 47 Cependant, Sarah Morales et Aaron Mills ont souligné que la quantification du sang reste une construction coloniale qui fonctionne par des mesures biologiquement réductrices et ne reflète pas les conceptions relationnelles de l'appartenance, en particulier selon la loi Anishinaabe.Note de bas de page 48
Dans de nombreuses traditions juridiques autochtones, l'appartenance « repose sur la parenté, les relations et les responsabilités » [traduction] et doit être « vécue et pratiquée, et non mesurée » [traduction].Note de bas de page 49 Le recours à des critères biologiques va à l'encontre de cette vision du monde, car il réduit l'identité à un calcul fractionnaire et est « anti-relationnel ».Note de bas de page 50 Ces solutions étaient caractérisées comme reproduisant des structures d'exclusion ou d'assimilation intégrées dans la législation coloniale.Note de bas de page 51
Les participants ont souligné que l'utilisation du quantum de sang et de l'ADN pour déterminer l'admissibilité soulève de sérieuses préoccupations au regard des cadres constitutionnels et des droits de la personne du Canada. Aaron Mills a indiqué que les déterminants biologiques de l'identité relèvent des motifs de discrimination énumérés à l'article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés et qu'ils ont donc peu de chances d'être juridiquement viables en tant que critères autonomes.Note de bas de page 52 L'ABA et la Nation Anishinabek ont toutes deux souligné que les approches fondées sur la quantité de sang et sur l'ADN :
- sont fondamentalement incompatibles avec les cadres fondés sur les droits de la personne;
- qu'elles risqueraient davantage d'accroître l'exposition aux litiges plutôt que de l'atténuer;
- qu'elles renforceraient l'exclusion au lieu de la résoudre.Note de bas de page 53
Morales fait écho à cette préoccupation, écrivant que « bien que la DNUDPA puisse protéger le recours à ces méthodes », notamment dans les situations où les Premières Nations choisissent de les mettre en œuvre dans l'exercice de leur droit à l'autodétermination, leur utilisation pourrait « reproduire simultanément le colonialisme de peuplement ».Note de bas de page 54 En pratique, si une telle solution était mise en œuvre par le gouvernement fédéral sans le consentement préalable, libre et éclairé des Premières Nations, elle serait incompatible avec le droit inhérent des Autochtones à l'autonomie gouvernementale et à l'autodétermination. En tant qu'« imposition externe et coloniale », elle aurait pour effet de déplacer les différends vers des mécanismes coloniaux fondés sur les droits de la personne, sans offrir de voie de résolution conforme à l'autodétermination autochtone ou à l'égalité réelle.Note de bas de page 55
Les participants ont également estimé que ces approches pouvaient être incompatibles avec plusieurs articles de la Déclaration des Nations Unies, notamment les articles 8 et 9, qui protègent contre l'assimilation forcée et affirment le droit d'appartenance sans discrimination, ainsi que les articles 33 et 35, qui reconnaissent l'autorité des peuples autochtones en matière d'identité et d'appartenance.Note de bas de page 56
Cependant, Lillian Dyck a indiqué que ces approches pourraient être harmonisées avec celles des cadres constitutionnels et internationaux des droits de la personne lorsqu'elles sont adoptées par les « pratiques juridiques coutumières ou contemporaines » des Premières Nations comme exercice de l'autonomie gouvernementale en vertu de l'article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.Note de bas de page 11 De même, Sarah Morales et Damien Lee ont indiqué que la viabilité prévue par laDéclaration des Nations Unies peut être interprétée différemment dans les cas où le quantum du sang est choisi par une Première Nation, mais que sa viabilité substantielle reste discutable lorsqu'on la prend en considération à la lumière des articles qui font la promotion de la non-discrimination et de l'harmonisation avec les systèmes juridiques autochtones.Note de bas de page 57
Considérations liées à la mise en œuvre
Les rapports du CPA et de l'ABA ont souligné que la mise en œuvre de toute solution recourant à la détermination biologique entraînerait des charges juridiques et financières considérables en raison de la violation de la Charte et de la Déclaration des Nations Unies, tout en nécessitant des procédures probatoires complexes telles que la reconstitution généalogique et les tests génétiques.Note de bas de page 58 De plus, la Nation Anishinabek a indiqué que, bien que l'ADN permet de confirmer les relations biologiques, il ne sert pas à déterminer l'appartenance, le lien communautaire ou la reconnaissance conformément aux systèmes juridiques autochtones.Note de bas de page 59
L'utilisation de l'ADN a donc été principalement encouragée comme outil de preuve supplémentaire dans les affaires de filiation, et non comme solution autonome. Dans ce cas, Damien Lee a suggéré que l'ADN pourrait soutenir les efforts visant à rétablir les liens entre des personnes qui ont été séparées de leur famille à la suite d'une adoption ou d'interventions des services de protection de l'enfance, notamment dans le cadre de la « Rafle des années 1960 » et des pratiques connexes.Note de bas de page 60
L'utilité réussie à la fois du quantum de sang et de l'ADN réside principalement dans la confirmation de la filiation, et toute application au-delà de ce cadre restreint risque de renforcer les normes hétéropatriarcales et de contribuer à une exclusion législative à long terme.Note de bas de page 61 Il existe également un risque de déclin démographique dans le contexte des mariages mixtes en raison des limitations imposées.Note de bas de page 49 Les participants ont souligné que si un cadre d'appartenance utilise des déterminants biologiques, il doit refléter la diversité des systèmes de parenté, y compris ceux qui reconnaissent l'adoption, le mariage et les pratiques familiales des personnes bispirituelles et queer.Note de bas de page 62
Dans l'ensemble, les cadres fondés sur le quantum de sang et l'ADN ont été décrits comme intégrant l'exclusion et la discrimination dans la règle elle-même. Le rapport de l'ABA affirme qu'au lieu de « résoudre les injustices du passé, les approches fondées sur le quantum du sang et l'ADN les renforcent et les intensifient » [traduction].Note de bas de page 63 Ces approches risquent plutôt « d'accélérer la perte de reconnaissance intergénérationnelle, de porter un préjudice disproportionné aux descendants déjà touchés par la discrimination historique fondée sur le sexe et de perpétuer le contrôle du fédéral sur l'identité autochtone » [traduction].Note de bas de page 63
Solution 4 : Suppression totale des catégories d'inscription
Description de la solution
La suppression des catégories d'inscription prévues à l'article 6 de la Loi sur les Indiens éliminerait les catégories fondées sur des distinctions au sein du régime fédéral d'inscription, ce qui ferait en sorte que les personnes seraient soit inscrites, soit non inscrites. Bien que cette approche ne précise pas les critères sur lesquels se fonderaient les décisions relatives au droit à l'inscription,Note de bas de page 64 elle reflète un intérêt plus large quant à l'établissement d'un processus d'inscription simplifié et moins technique.
Viabilité juridique
Cinq des 7 membres ont identifié cette solution comme juridiquement viable, certains soulignant toutefois que des informations supplémentaires étaient nécessaires. Deux membres ont choisi de s'abstenir de cette analyse.
Réponses à l'égard des options de solutions dirigées par les Premières Nations
Cette solution a été proposée dans 2 des 39 rapports finaux reçus dans le cadre du développement des solutions, mais a été incluse comme considération liée à la mise en œuvre dans 13 rapports traitant de la règle d'un seul parent, et 1 rapport traitant du transfert de contrôle aux Premières Nations. Cette solution a été proposée dans 115 des 399 formulaires de rétroaction individuelle soumis.
Analyse du CRISJ
Les participants ont noté que les catégories d'inscription actuelles prévues à l'article 6 de la Loi sur les Indiens créent une structure hiérarchique avec des effets d'exclusion.Note de bas de page 65 La suppression des catégories d'inscription permettrait de résoudre les inégalités créées par le système existant, qui a été développé pour servir les intérêts du Canada plutôt que ceux des Premières Nations.Note de bas de page 65 Sarah Morales a jugé cette solution « nécessaire si la loi canadienne veut avancer vers une reconnaissance uniforme des peuples autochtones et de leurs ordres juridiques » [traduction].Note de bas de page 66
Dans de nombreuses traditions, l'appartenance n'est pas déterminée par des catégories, mais plutôt par des relations avec la famille, la terre, la communauté et les obligations qui découlent de ces relations.Note de bas de page 66 Bien que cette solution soit considérée comme juridiquement viable, plusieurs rapports, dont celui de l'ABA, ont souligné qu'elle n'est pas « appropriée comme réforme immédiate autonome » [traduction] puisque le droit lui-même n'est pas défini dans cette approche et ne retire pas non plus au Canada son rôle de décideur en matière d'appartenance des Premières Nations.Note de bas de page 67 Compte tenu de son manque de précision, des détails supplémentaires sont nécessaires pour déterminer pleinement sa viabilité juridique.Note de bas de page 68
Les participants ont également noté que la suppression des catégories d'inscription pourrait s'aligner sur plusieurs articles de la Déclaration des Nations Unies, notamment dans la mesure où elle réduit la discrimination au sein du régime fédéral d'inscription.Note de bas de page 69 Lillian Dyck a indiqué que le consentement libre, informé et préalable doit d'abord être obtenu par les Premières Nations pour que cette solution puisse potentiellement s'harmoniser avec la DNUDPA.Note de bas de page 70 L'ABA a ajouté que cette solution n'est conforme à la DNUDPA que dans la mesure où elle est accompagnée d'une autorité autochtone en matière de citoyenneté. Si le Canada demeurait « l'arbitre de l'appartenance », il s'agirait simplement d'un système d'identité fédéral reconditionné plutôt que d'une transition vers l'autodétermination.Note de bas de page 71
Les participants ont observé que cette approche pourrait s'aligner sur les articles 8 et 9 concernant la protection des peuples autochtones contre les classifications identitaires discriminatoires et l'assimilation,Note de bas de page 72 avec des arguments selon lesquels cette solution viendrait renforcer la capacité des personnes à obtenir un statut s'ils le souhaitent, encourageant ainsi l'autodétermination et le droit à la culture.Note de bas de page 73 Damien Lee a en outre indiqué que cette solution fait également écho aux articles 22 et 33, en aidant les Nations autochtones à utiliser leurs propres systèmes de parenté pour soutenir l'appartenance, plus particulièrement pour les femmes et les enfants qui avaient été auparavant exclus.Note de bas de page 74 Conformément à l'article 32, cette solution aide les Premières Nations à promouvoir, à développer et à maintenir leurs structures de citoyenneté.Note de bas de page 74 Lorsque des traités existent, l'État doit se remettre à l'ordre de citoyenneté du partenaire concerné, conformément à l'article 37 de la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 74
Dans l'ensemble, les membres – y compris Sarah Morales – ont généralement convenu que la suppression du cadre de l'article 6 serait « conforme à l'accent mis par la Déclaration des Nations Unies sur la continuité, la non-discrimination et le rétablissement de l'autorité autochtone en matière d'appartenance » [traduction].Note de bas de page 75 Cependant, les membres ont également souligné que cette approche devait être accompagnée d'une reconnaissance de la compétence des Premières Nations sur la citoyenneté, ainsi que d'un soutien et des ressources adéquats.Note de bas de page 76
Considérations liées à la mise en œuvre
Les membres ont généralement convenu que la suppression des catégories d'inscription pourrait servir de mesure provisoire pendant que le Canada et les Premières Nations poursuivent des discussions élargies concernant l'autodétermination et la citoyenneté.Note de bas de page 77 Les catégories d'inscription actuelles sont techniques et complexes, plaçant les membres d'une même famille dans différentes catégories.Note de bas de page 78 Les participants ont également observé que la suppression de ces catégories pourrait offrir une occasion pour le Canada et les Premières Nations de réexaminer à la fois les critères d'admissibilité et les processus d'inscription de manière plus large.Note de bas de page 79 Les rapports ont souligné que tout processus d'inscription révisé devrait être simplifié et accessible, surtout pour les personnes qui étaient auparavant exclues de l'inscription ou à qui le statut était refusé.Note de bas de page 80 Il faut également tenir compte de la nécessité de communiquer clairement les changements aux Premières Nations et aux personnes touchées, y compris celles vivant hors réserve.Note de bas de page 81
Damien Lee a proposé la création d'une commission de citoyenneté, comme modèle de mise en œuvre possible.Note de bas de page 79 Dans le cadre de cette approche, « les Premières Nations nomment des représentants au sein de commissions régionales chargées de déterminer et de tenir à jour les listes de citoyenneté ou d'appartenance » [traduction].Note de bas de page 82 Ces commissions peuvent également être responsables d'examiner des plaintes ou des recours.Note de bas de page 82 Cette approche offre une voie possible pour l'appartenance et pour une l'évolution du rôle du registre des Indiens.
Cette solution nécessite également des changements administratifs importants, notamment des mises à jour du Registre des Indiens, l'harmonisation avec les critères d'admissibilité aux programmes et des mesures transitoires visant à éviter toute interruption des services.Note de bas de page 83 Des risques pour l'équité procédurale surviennent si les personnes touchées ne disposent pas de critères clairs ou de mécanismes de révision, surtout pendant les périodes de transition où la reconnaissance fédérale et la citoyenneté des Premières Nations ne sont pas harmonisées.Note de bas de page 71 Compte tenu du potentiel d'augmentation de la croissance démographique et des critères d'admissibilité élargis, les rapports ont constamment indiqué la nécessité d'un financement et de ressources adéquats à long terme pour soutenir le logement, les services de santé, l'éducation, les infrastructures et les programmes communautaires.Note de bas de page 84 Les participants ont également indiqué que le manque de ressources pourrait perpétuer les inégalités existantes.Note de bas de page 84
Les participants ont identifié la conception de la mise en œuvre comme la préoccupation principale associée à cette approche et ont mis en garde contre toute poursuite sans voie clairement définie.Note de bas de page 66 Comme en témoigne le conflit du Livre blanc, Aaron Mills a écrit qu'il serait « une grave erreur d'essayer de supprimer la Loi sur les Indiens sans un moyen alternatif clairement articulé et viable pour reconnaître la différence autochtone » [traduction].Note de bas de page 85 De même, le fait de proposer la suppression des catégories d'inscription de la Loi sur les Indiens sans alternative claire risque de recréer les mêmes circonstances.Note de bas de page 86 L'élimination des catégories d'inscription et de leur hiérarchie est considérée comme une amélioration du processus d'inscription, mais pour être efficace, la solution doit s'accompagner d'un plan de mise en œuvre clair.
Solutions pour les seuils de vote en vertu de l'article 10
Solution 1 : Vote à majorité simple
Description de la solution
Remplacer l'exigence de la double majorité pour le vote de consentement par une exigence de majorité simple. Cela peut être réalisé en abrogeant le paragraphe 10(2) de la Loi sur les Indiens.
Viabilité juridique
Un participant a identifié cette solution comme viable, tandis que 4 la jugent comme non viable. Deux membres n'ont pas fourni d'avis sur la viabilité de cette solution.
Réponses à l'égard des options de solutions dirigées par les Premières Nations
Sept (7) des 21 rapports finaux proposaient que le consentement soit obtenu par un vote à majorité simple.Note de bas de page 87 Parmi les réponses fournies dans les formulaires de rétroaction individuelle, 44 des 399 répondants ont choisi le vote à majorité simple comme solution préférée, ce qui en fait la solution la plus populaire, étant donné que 198 des 399 répondants ont déclaré être « indécis » quant à la solution à apporter à cette question.
Analyse du CRISJ
La plupart des membres considéraient que l'approche de la majorité simple n'était pas juridiquement viable en tant que réforme autonome. Les participants ont indiqué que cette approche ne répond pas à de nombreuses préoccupations substantielles associées au cadre actuel de double majorité, notamment la crainte que les seuils de vote imposés par le gouvernement fédéral ne reflètent pas les normes de l'OIT, les traditions en matière de gouvernance ou les approches culturellement ancrées en matière de prise de décision collective.Note de bas de page 88 En l'absence de ces considérations, comme l'a souligné Liliane Dyck, il peut y avoir des situations où une Première Nation considère qu'un vote à majorité simple est une méthode favorable pour obtenir le consentement à la transition conformément à ses normes culturelles et juridiques directrices, et accepte librement, avec consentement préalable et informé, d'utiliser le vote à majorité simple.Note de bas de page 70
Les membres ont indiqué que les points de vue sur les méthodes de vote appropriées et légitimes varient d'une nation à l'autre, en fonction de l'OIT de chaque communauté.Note de bas de page 89 En soi, le seuil de vote à majorité simple n'est pas intrinsèquement illégal, bien que sa légitimité dépende de sa conformité avec les principes élargis d'autodétermination autochtone, de consentement collectif et d'équité procédurale.Note de bas de page 90 Les membres reconnaissent que cela allégerait la charge qui pèse sur les Nations et que cela est conforme à la pratique démocratique habituelle; toutefois, compte tenu de la gravité des décisions relatives à l'appartenance en vertu de l'article 10, ils font valoir que ce seuil ne peut à lui seul servir de fondement au processus.Note de bas de page 91
Un vote à majorité simple peut aller dans le sens de l'autodétermination, s'il reflète les processus de gouvernance propres à une nation, ce qui le rend conforme aux articles 3, 4, 5 et 33 de la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 92 Cependant, cela risque de perpétuer un cadre colonial pour déterminer le consentement et de se contenter de remplacer une règle de vote imposée de l'extérieur par une autre, car cela ne crée pas d'espace permettant des processus décisionnels définis par les peuples autochtones, conformément à la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 93 Dans son rapport, Damien Lee a indiqué que « les ordres politiques autochtones changent avec le temps; le vote à majorité simple peut très bien correspondre à ce qu'une bande considère aujourd'hui comme sa tradition. L'évaluation de la conformité avec un article quelconque doit veiller à ne pas figer les traditions politiques autochtones dans le temps » [traduction].Note de bas de page 94 Si toutefois, à la suite d'un vote à majorité simple – dans une communauté où seule une petite partie de la population participe effectivement – les membres s'inquiètent du fait que le résultat pourrait ne pas répondre aux normes de participation significative, de consentement libre, informé et préalable (CLIP) et de non-discrimination énoncées aux articles 9, 18 et 19.Note de bas de page 95
Les votes en vertu de l'article 10 entraînent des changements affectant la communauté et ses membres, exigeant donc un seuil plus élevé de consentement large et inclusif, comme le démontrent les seuils de vote à double majorité.Note de bas de page 96 Les craintes qu'une simple majorité adopte ces changements à la suite d'une faible participation ou minimale et de faibles marges risquent l'équité, la légitimité et l'exclusion des membres qui, pour diverses raisons, n'ont pas pu participer au vote.Note de bas de page 97 Les OIT ne tirent pas la légitimité d'un résultat uniquement de seuils numériques prescrits, exigeant plutôt que les décisions soient fondées sur des relations, des responsabilités, des processus collectifs de délibération et de prise de décision; un vote à majorité simple doit être complété par un engagement envers ces principes.Note de bas de page 98
Considérations liées à la mise en œuvre
Pour que cette solution puisse être mise en œuvre, il faudrait une modification législative au niveau fédéral, ainsi que des investissements substantiels en matière de procédures et de renforcement des capacités au sein des Premières Nations.Note de bas de page 99 Les membres ont convenu que des modifications législatives de la Loi sur les Indiens seraient nécessaires, étant donné que l'exigence de vote à double majorité est actuellement la norme juridique en vigueur.Note de bas de page 100 Des garanties doivent être mises en place pour éviter de remplacer un modèle de consentement imposé par le gouvernement fédéral par un autre, et les Nations doivent avoir la possibilité de développer et de mettre en œuvre leurs propres pratiques de gouvernance communautaire, si elles le souhaitent.Note de bas de page 101
De nombreux membres soulignent la nécessité de mener des efforts délibérés et de grande portée pour mobiliser la communauté afin de maximiser la participation électorale, indiquant qu'en effet, le fait d'atteindre une participation et un consentement s'apparentant à une double majorité – bien que ce ne soit pas une exigence légale – peut contribuer à garantir que les décisions soient perçues comme justes et légitimes.Note de bas de page 102 Toutefois, l'ABA a souligné que des litiges similaires pourraient survenir, car les membres des Premières Nations pourraient se sentir privés de leurs droits par les décisions communautaires adoptées sans leur consentement, notamment lorsque des codes d'appartenance sont adoptés.Note de bas de page 103 Des efforts doivent être faits pour protéger délibérément contre la dilution des votes hors réserve et pour s'attaquer aux obstacles qui existent déjà et qui empêchent la participation; cela peut être réalisé par l'élargissement des mécanismes de vote accessibles et inclusifs, le prolongement des délais de préavis, ainsi que par des mesures de sensibilisation ciblées et des méthodes de vote destinées à mobiliser les membres vivant hors réserve.Note de bas de page 104
Solution 2 : Transfert du contrôle aux Premières Nations
Description de la solution
Les Premières Nations obtiennent automatiquement le contrôle total de leur liste de membres, le statut de membre au titre de l'article 10 étant le statut par défaut. Les Premières Nations disposeraient du pouvoir délégué de définir un processus valide pour la prise de décision au sein de la communauté. Les personnes reconnues comme membres d'une Première Nation doivent également être reconnues comme personnes inscrites.
Viabilité juridique
Cinq membres ont jugé cette solution juridiquement viable, et 2 l'on jugée non viable.
Réponses à l'égard des options de solutions dirigées par les Premières Nations
13 des 21 Premières Nations et organisations autochtones représentatives, partenaires des options de solutions, ont exprimé leur soutien à l'égard de cette solution. Une des considérations clés liées à la mise en œuvre abordées était la nécessité d'apporter des modifications supplémentaires aux règles et règlements de vote (par exemple, en basant les exigences de quorum sur les taux de participation historiques plutôt que sur la population d'une Première Nation). De plus, il s'agissait de la deuxième solution la plus recommandée parmi les répondants du formulaire de rétroaction individuelle, avec 160 des 399 répondants en faveur de cette solution. Notamment, 125 des répondants ayant choisi de transférer le contrôle des droits aux Premières Nations ont également choisi la règle d'un seul parent.
Analyse du CRISJ
De manière générale, les membres considéraient que le transfert du contrôle d'appartenance aux Premières Nations était légalement viable au regard du droit national et international, sous certaines conditions.Note de bas de page 105 Il convient notamment de noter que, pour se conformer aux principes d'autodétermination énoncés aux articles 3 et 4 de la Déclaration des Nations Unies, la mise en œuvre de cette solution nécessite des mécanismes garantissant que les personnes vivant hors réserve puissent établir et gouverner leurs propres communautés distinctes s'ils le souhaitent, avec tous les avantages qui y sont associés.Note de bas de page 106 On a également indiqué que cette approche pourrait s'harmoniser avec la signification sous-jacente de la citoyenneté dans les ordres juridiques autochtones et avec la possibilité pour les Premières Nations d'imposer ces définitions aux personnes, ce qui pourrait constituer une violation de la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 43
Considérations liées à la mise en œuvre
Les participants ont identifié plusieurs conditions nécessaires pour que la mise en œuvre soit conforme à la Déclaration des Nations unies et la Loi sur la Déclaration des Nations Unies. Dans les rapports, on a souligné que la mise en œuvre devrait :
- respecter les droits, priorités et circonstances des Premières Nations tout au long du processus de transition, y compris le droit au CLIPNote de bas de page 107;
- être bien structuréeNote de bas de page 32 par rapport à l'exercice de l'autogouvernance en matière d'appartenanceNote de bas de page 108;
- reconnaître que l'autorité des Premières Nations en matière de citoyenneté va au-delà d'une simple dimension administrative ou symbolique, et permettre que leur compétence soit exercée en tant qu'expression d'une autorité inhérente et non pas simplement comme un pouvoir délégué soumis au contrôle et à la supervision du gouvernement fédéralNote de bas de page 32;
- soutenir la reconnaissance par le Canada des définitions autochtones de l'appartenance, de la parenté et de l'identité communautaireNote de bas de page 109;
- reconnaître que, dans de nombreux ordres juridiques autochtones, la citoyenneté et l'inscription fédérale peuvent ne pas être considérées comme des concepts distinctsNote de bas de page 110;
- respecter le droit à l'autodétermination, tant pour les communautés des Premières Nations que pour les personnes.Note de bas de page 106
Les participants ont indiqué que cette approche pourrait soutenir la revitalisation des ordres juridiques et des systèmes de gouvernance autochtones. Cependant, les rapports ont également souligné que la mise en œuvre devrait être gérée avec soin afin de garantir, comme l'a écrit Sarah Morales, que les personnes ne « passent pas entre les mailles du filet » [traduction] pendant les périodes de transition en raison de l'incertitude concernant la reconnaissance, le statut d'appartenance ou l'accès aux services et aux prestations.Note de bas de page 110
Pour sa mise en œuvre, cette solution doit être développée et dirigée par les Premières NationsNote de bas de page 111 et menée de manière à respecter les circonstances et besoins uniques de chaque nation.Note de bas de page 112 La responsabilité du Canada envers les Premières Nations lors de la transition vers l'autogouvernance, y compris le développement des lois et des systèmes d'inscription, entre autres considérations, et au-delà de la transition, doit rester centrale et respectée.Note de bas de page 113 Il convient également de mettre en place des mécanismes solides de règlement des litiges, dotés d'une autorité effective, afin d'empêcher l'intervention des tribunaux coloniaux dans les questions de citoyennetéNote de bas de page 114, et de garantir le respect des processus de parenté et les ordres juridiques des Premières Nations.Note de bas de page 115
Les participants ont également souligné la nécessité de corriger la division persistante entre les systèmes d'appartenance communautaire et le régime fédéral d'inscription, ce qui peut entraîner des incohérences concernant la reconnaissance et l'appartenance selon l'institution évaluant la demande d'une personne. Les participants ont mis en garde contre le fait que transférer la gouvernance de l'appartenance aux Premières Nations sans corriger cette disparité pourrait aggraver davantage ces incohérences.Note de bas de page 110
Les participants ont également identifié plusieurs considérations logistiques et opérationnelles, notamment la nécessité de disposer de ressources adéquates à long terme et d'engagements financiers soutenus pour soutenir la capacité de gouvernance, l'administration de l'appartenance et les processus de mise en œuvre.Note de bas de page 116 Des considérations et des mécanismes supplémentaires sont nécessaires pour garantir que les personnes exclues puissent être incluses et que la prise de décision soit transparente.Note de bas de page 117 Les Premières Nations peuvent également être libres d'imposer certaines conceptions rigides de la citoyenneté, qui ne sont pas flexibles et qui pourraient ne pas correspondre aux aspects relationnels de l'appartenance dans certaines visions du monde autochtone, ce qui nécessiterait des considérations supplémentaires en matière de représentation et d'harmonisation avec la Déclaration des Nations Unies.Note de bas de page 43
Les participants ont proposé plusieurs mécanismes potentiels pour soutenir la mise en œuvre et atténuer les risques associés. Une proposition concernait la création de « commissions de citoyenneté » fonctionnant comme des organismes tiers chargés de confirmer les décisions relatives à la citoyenneté ou à l'appartenance au sein de territoires définis, conformément aux lois des Premières Nations, et d'examiner les recours des personnes.Note de bas de page 118 Cependant, ces commissions nécessiteraient un examen plus approfondi et devraient bénéficier d'un soutien et d'une confiance élevés de la part des Premières Nations pour garantir le respect des lois autochtones.Note de bas de page 118 Une autre option consiste à faire de la gouvernance des Premières Nations en matière d'appartenance la norme par défaut, en leur permettant de choisir de ne pas s'inscrire conformément au principe d'autodétermination.Note de bas de page 119
Solution 3 : Un seuil de vote à double majorité, avec des modifications
Description de la solution
Dans le cadre de l'exigence de consentement pour la transition vers l'appartenance en vertu de l'article 10, le seuil de vote à double majorité est maintenu, mais il est modifié pour mieux soutenir les Premières Nations. Cela pourrait inclure la mise en place du processus permettant aux Premières Nations d'obtenir une meilleure participation communautaire, tels que l'établissement de directives claires pour le vote en ligne, l'autorisation du vote anticipé et une sensibilisation accrue des électeurs admissibles.
Viabilité juridique
Quatre membres ont jugé cette solution viable, 3 la jugeant non viable.
Réponses à l'égard des options de solutions dirigées par les Premières Nations
Cette solution proposée n'a pas été incluse dans les rapports finaux. Cependant, dans leur formulaire de rétroaction, les répondants ont exprimé leur soutien au maintien du seuil de vote à double majorité et ont souligné que les décisions concernant l'appartenance doivent refléter un vaste appui de la communauté et ne pas être déterminées par un petit nombre d'électeurs participants.
Les répondants ont indiqué que la préoccupation portait davantage sur l'amélioration de l'accessibilité et de la participation afin que le seuil puisse être atteint de manière équitable. Il a souvent été reconnu que ce seuil est difficile à atteindre en raison d'une faible participation, d'un nombre important de membres vivant hors réserve et d'un accès inégal aux informations électorales (surtout pour les membres vivant hors réserve). Des 399 répondants au formulaire de rétraction, 36 se sont prononcés contre toute modification du seuil de vote à double majorité, tandis que 26 autres ont soutenu le maintien de ce seuil mais ont souligné la nécessité de mettre en place de nouveaux processus pour aider les Premières Nations à satisfaire aux exigences en matière de participation et de sensibilisation.
Analyse du CRISJ
Les participants ont exprimé des avis partagés sur la viabilité juridique du maintien du seuil de vote à double majorité avec des modifications, 4 membres considérant cette approche comme juridiquement viable. La viabilité de cette solution était largement soutenue dans le cadre juridique canadien, les membres soulignant que le seuil de vote à double majorité est déjà inscrit dans la Loi sur les Indiens et confirmé par la jurisprudence.Note de bas de page 120 Sarah Morales ajoute que le maintien de la règle existante tout en modifiant les processus connexes reste juridiquement viable, plus particulièrement lorsque des réformes peuvent améliorer l'accessibilité et les taux de participation.Note de bas de page 121
Des participants comme Damien Lee ont indiqué que, si certaines Premières Nations peuvent adopter des mécanismes de vote, d'autres peuvent ne pas considérer le vote comme compatible avec leurs traditions, et que son application peut renforcer les systèmes politiques externes.Note de bas de page 122 Le rapport de la Nation Anishinabek également indiqué que maintenir le seuil de vote à double majorité risque de préserver les obstacles procéduraux existants qui limitent la capacité des Premières Nations à prendre le contrôle de l'appartenance et de la gouvernance, à moins que ces obstacles ne soient supprimés et que des mesures de soutien significatives soient mises en place.Note de bas de page 113
Les considérations liées à la Déclaration des Nations Unies reflètent également cette situation. Sarah Morales et Damien Lee ont indiqué que cette approche pourrait s'harmoniser avec les articles 3, 4, 33 et 34, où les Premières Nations déterminent que les processus de vote font partie de leurs structures ou coutumes de gouvernance.Note de bas de page 123 Cependant, des conflits peuvent survenir avec l'article 9 et le paragraphe 22(2) lorsque le seuil est suffisamment difficile à atteindre pour commencer à faire obstacle aux réformes correctives.Note de bas de page 124
Considérations liées à la mise en œuvre
Les participants considéraient généralement cette approche comme l'une des voies les plus pratiques permettant aux Premières Nations de démontrer avec succès leur consentement collectif tout en maintenant un standard de participation élargie.Note de bas de page 70 Les participants ont souligné que sa mise en œuvre nécessiterait que des améliorations significatives soient apportées aux mécanismes d'accessibilité et de participation. Quelques exemples pourraient inclure un avis complet à tous les électeurs, différentes méthodes de vote (en personne, par correspondance et des options électroniques sécurisées), des périodes de vote prolongées pour permettre aux membres vivant hors réserve de voter, et un financement adéquat pour soutenir ces processus.Note de bas de page 112
Les participants ont également exprimé des inquiétudes quant au risque que la modification des seuils ou l'accélération des processus de transition conduisent à des résultats discriminatoires si elles ne sont pas mises en œuvre avec prudence. Damien Lee a souligné qu'il fallait aborder avec prudence les modifications législatives visant à permettre des transitions dans les régimes d'appartenance afin d'éviter de créer ou de renforcer des codes d'appartenance exclusifs, surtout lorsque les personnes nouvellement inscrites peuvent être perçues comme une menace pour les intérêts politiques ou économiques existants.Note de bas de page 125
En s'appuyant sur l'expérience tirée de la mise en œuvre du projet de loi C-31, Damien Lee a souligné que des conditions pourraient se présenter dans lesquelles les cadres d'appartenance deviendraient de plus en plus restrictifs si les décisions sont prises dans l'urgence ou selon des procédures conçues dans un souci de rapidité.Note de bas de page 126 De plus, il a averti que les mécanismes facilitant des transitions rapides, y compris des seuils de vote modifiés, peuvent contribuer à ces dynamiques s'ils ne sont pas accompagnés de garanties appropriées.Note de bas de page 127
Sarah Morales et Aaron Mills ont tous 2 souligné que le principal défi de mise en œuvre ne réside pas dans le seuil en soi, mais dans la solidité et la légitimité du processus qui l'entoure.Note de bas de page 128 Sarah Morales a souligné que les questions liées à la participation doivent être fondées sur un processus qui permet « la légitimité, la participation et la responsabilité » [traduction] plutôt que de reposer uniquement sur des modifications procédurales.
Mills a identifié un « déficit de légitimité » plus général comme principal obstacle et estime que la faible participation pourrait refléter une méfiance envers la gouvernance, des contraintes matérielles ou l'idée que le vote n'est pas un mécanisme décisionnel légitime au sein de certains ordres juridiques autochtones.Note de bas de page 129 Dans ce contexte, la réussite de la mise en œuvre dépend de la reconquête de la confiance par des « processus uniformes et respectueux », de la mise en place de mesures de soutien permettant la participation, et d'une flexibilité suffisante pour intégrer les ordres juridiques et les approches de gouvernance des Premières Nations.
De plus, Mills a laissé entendre qu'une mise en œuvre progressive ou différée pourrait aider à résoudre les problèmes sous-jacents avant la réforme des seuils de vote.Note de bas de page 130 Cependant, cette approche peut soulever des inquiétudes quant à l'équité pour les personnes qui ne sont pas encore incluses dans la liste de membres.Note de bas de page 130 De même, l'ABA propose qu'un cadre de dérogation pourrait aider à réussir la mise en œuvre en permettant aux Premières Nations de déterminer comment le consentement collectif peut être exprimé.Note de bas de page 131 Dans la mesure où des normes minimales clairement définies et prédéterminées sont maintenues pour préserver l'égalité et la légitimité, il indique que cette proposition devrait rencontrer en écho plus favorable, car elle n'oblige pas les Nations à se conformer aux seuils prescrits au niveau fédéral.Note de bas de page 131
Annexe A : Membres du Comité de la réforme de l'inscription et de solutions juridiques
Monsieur Aaron Mills, professeur adjoint à l'Université McGill
M. Aaron Mills (Anishinaabe, Première Nation de Couchiching) est professeur adjoint et titulaire de la chaire de recherche du Canada en constitutionnalisme et philosophie autochtones à la Faculté de droit de l'Université McGill. Il est titulaire d'un baccalauréat ès arts de l'Université Carleton, d'un doctorat en droit de l'Université de Toronto, d'une maîtrise en droit de l'Université de Yale et d'un doctorat de l'Université de Victoria. Le principal domaine d'étude de M. Mills est le droit autochtone, qu'il utilise pour encadrer des enjeux plus larges tels que la théorie juridique, la théorie politique, le droit comparé et la réconciliation entre peuples autochtones et colons.
L'approche de M. Mills en matière de pratique, de théorie et de méthode dans le domaine du droit autochtone s'appuie sur 15 années d'apprentissage auprès de plusieurs Aînés Anishinaabe du traité n° 3 et du Sud du Manitoba. À la suite de cette formation, l'enseignement et la recherche de M. Mills dans le domaine du droit autochtone s'articulent autour de 3 projets liés : 1) théoriser et communiquer le droit autochtone selon ses propres termes; 2) imaginer comment le droit autochtone ainsi compris peut éclairer les projets contemporains de revitalisation du droit autochtone, et 3) examiner comment ces projets peuvent avoir une incidence sur le colonialisme interne (ou des colons) et, plus largement, sur les relations entre Autochtones et colons. À ces fins, M. Mills collabore fréquemment avec des Aînés et des détenteurs de savoirs autochtones, en soutien aux gouvernements autochtones et aux organismes de services. À titre éducatif, il apporte également son soutien aux éléments juridiques et politiques canadiens, ainsi qu'aux organisations de défense des droits et de la société civile.
Au-delà de sa chaire de recherche du Canada, M. Mills a reçu de nombreux prix et distinctions, notamment une bourse de talent du Conseil de recherches en sciences humaines, une bourse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, une bourse Vanier Canada et une bourse Fulbright Canada.
Monsieur Damien Lee, professeur associé à l'Université de Saskatchewan
Monsieur Damien Lee est un fier membre de la Première Nation de Fort William – une communauté anishinaabe située sur la rive nord du lac Supérieur, à deux pas de la ville de Thunder Bay, en Ontario. Adopté dans sa réserve dès son plus jeune âge, il y a grandi et y pratique activement la production de sirop d'érable.
Monsieur Lee a occupé la Chaire de recherche du Canada sur le biskaabiiyang et la renaissance politique autochtone à l'Université métropolitaine de Toronto (2020-2025). Ses recherches portent sur la renaissance des ordres politiques et juridiques autochtones, les méthodologies de recherche autochtones et ce à quoi ressemble la décolonisation à travers les paradigmes indigénistes. En 2024-2025, il a occupé la chaire de professeur invité Leverhulme, tenue par le Treatied Spaces Research Group à l'université de Birmingham, au Royaume-Uni. Monsieur Lee est actuellement professeur agrégé et directeur du département d'études autochtones à l'Université de la Saskatchewan.
Madame Sarah Morales, professeure agrégée à l'Université de Victoria
Mme Sarah Morales (Su-taxwiye) est d'origine salish de la côte et membre des tribus Cowichan. Elle est professeure agrégée à la Faculté de droit, vice-doyenne chargée des affaires autochtones et directrice du programme JD/JID. Les recherches de Mme Morales portent sur les traditions juridiques autochtones—en particulier celles des peuples Salish de la côte—ainsi que sur le droit autochtone et les droits de la personne. Ses travaux s'appuient sur les lois et les snuw'uyulh (enseignements) des Hul'qumi'num Mustimuhw.
Elle s'est activement impliquée dans les efforts d'édification nationale, la reconnaissance des droits inhérents et de la compétence, ainsi que dans la promotion du droit international des droits de la personne applicable aux peuples autochtones. Son travail au sein de sa propre communauté et d'autres Nations Salish de la côte a porté sur la réforme législative des services à l'enfance et de protection sociale, l'élaboration de politiques en matière de sécurité et de bien-être communautaires, la planification de la gouvernance autochtone, et le soutien aux négociations autour de questions complexes concernant les terres en fief simple détenues par des particuliers, en mettant l'accent sur le droit Hul'qumi'num et les systèmes fonciers.
Cheffe régionale Marsha Smoke, Nation Anishinabek
Marsha Smoke est la cheffe régionale du Sud-Est de la Nation Anishinabek. Avec plus de 30 ans d'expérience dans le tourisme, la construction, la consultation et la gouvernance, elle a été une pionnière dans le domaine du développement commercial et économique des Premières Nations. Elle a été une pionnière dans le secteur des voyages et du tourisme, œuvrant à l'échelle locale, nationale et internationale bien avant que ce domaine ne devienne une priorité pour les Premières Nations. Sur la scène internationale, elle a contribué à la création de l'American Indian/Alaska Native Tourism Association (AIANTA) dans les années 1990, a participé à la World Indigenous Tourism Alliance en 2012 et a collaboré avec des peuples autochtones des Caraïbes, d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique pour promouvoir le tourisme autochtone à l'échelle mondiale.
Sa carrière comprend également des activités en tant que fournisseur dans le secteur de la construction et, depuis les années 1980, elle est consultante, animatrice et formatrice, sensibilisant les Premières Nations et le grand public tout en remettant en question les mythes et les stéréotypes concernant les Premières Nations. Entrepreneure et leader respectée, la cheffe Smoke est également une ardente défenseure de l'intégrité des marchés publics, veillant à ce que les possibilités profitent aux entreprises légitimes des Premières Nations et que les retombées financières reviennent aux communautés locales.
Crystal Stevens, conseillère juridique de la Nation Anishinabek (Ezhi-dbaaknigeng E-gnoontmaaged), a accompagné la chef régionale Smoke à la réunion du CRISJ et a co-rédigé le rapport final de la Nation Anishinabek pour le CRISJ. Les points de vue attribués dans ce guide à la Nation Anishinabek doivent donc être considérés comme reflétant une soumission conjointe de la chef régionale Marsha Smoke, incluant l'analyse juridique et les contributions de la conseillère juridique Crystal Stevens.
Chef national Brendan Moore, Congrès des peuples autochtones
Le chef national Brendan Moore cumule plus d'une décennie de dévouement sincère et de défense des droits des peuples autochtones; il a récemment occupé le poste de chef du Conseil des peuples autochtones du Nouveau-Brunswick. D'origine mi'kmaq et écossaise, il est né à Dalhousie, sur la rive nord du Nouveau-Brunswick, et est un fier membre de la Première Nation d'Elsipogtog. Ayant grandi dans diverses communautés hors réserve au sein du Conseil des peuples autochtones du Nouveau-Brunswick, ses racines profondes tant dans sa culture que dans sa communauté alimentent sa passion pour la mise en place de changements significatifs.
Le chef Moore est particulièrement reconnu pour son engagement sans faille en faveur des droits des Autochtones vivant hors réserve. Il tire une grande fierté de son travail auprès des membres des communautés urbaines – en particulier dans sa communauté d'adoption de Fredericton, qui occupe une place spéciale dans son cœur. Son parcours personnel a été marqué par la résilience, la guérison et la croissance spirituelle, tout en s'efforçant de « suivre la Voie rouge » pour devenir le leader qu'il est aujourd'hui.
En tant que chef national, il travaille à renforcer la présence du CPA à travers le pays en établissant des relations de confiance, en favorisant l'unité entre les organisations autochtones et en veillant à ce que les voix des peuples autochtones en milieu urbain, hors réserve et sans statut soient entendues, respectées et valorisées.
Le directeur général Jim Devoe a accompagné le chef national Moore au CRISJ. Robert Russell, responsable des relations gouvernementales, a aidé le chef national Moore à rédiger le rapport final du CAP sur le CRISJ. Les points de vue attribués au CPA dans ce guide doivent donc être considérés comme reflétant une contribution conjointe du chef national Brendan Moore, incluant l'analyse et les contributions de Robert Russell.
Monsieur Drew Lafond, au nom de l'Association du Barreau autochtone
Drew Lafond a grandi sur le territoire du traité n° 6, dans la réserve de la Nation crie de Muskeg Lake, et est également d'origine secwepemc, issu de la Première Nation Simpcw en Colombie-Britannique.
M. Lafond est associé au sein du cabinet d'avocats MLT Aikins LLP et dirige le département spécialisé dans les affaires autochtones du cabinet. Il conseille ses clients sur des questions liées au développement économique, à l'industrie du jeu, au logement, aux baux commerciaux, à la gouvernance d'entreprise, à la structure et au financement. M. Lafond aide également ses clients autochtones à faire valoir et à exercer leur compétence dans des domaines clés de la gouvernance, notamment la gestion des terres, la fiscalité, le jeu et l'agriculture en Alberta, en Saskatchewan, en Colombie-Britannique et au Yukon.
De 2019 à 2025, il a occupé le poste de président de l'Association du Barreau autochtone du Canada, une organisation nationale sans but lucratif composée d'avocats, de juges, d'étudiants en droit, d'universitaires et de parajuristes autochtones.
Honorable Lillian Dyck
La sénatrice Lillian Dyck est membre de la Première Nation Gordon, en Saskatchewan, et fait partie de la première génération de Canadiens d'origine chinoise. Elle a obtenu un baccalauréat ès arts (avec spécialisation), puis une maîtrise ès sciences en biochimie, respectivement en 1968 et 1970, avant d'obtenir un doctorat en psychiatrie biologique en 1981, tous ces diplômes ayant été obtenus à l'Université de la Saskatchewan.
La sénatrice Lillian Dyck a été professeure titulaire à l'Unité de recherche en neuropsychiatrie du département de psychiatrie et vice-doyenne du Collège des études supérieures et de la recherche de l'Université de la Saskatchewan. Elle a brisé les barrières en tant que l'une des rares femmes autochtones dans son domaine, en encadrant des étudiants et en faisant la promotion de la diversité dans les sciences. Elle a été nommée au Sénat du Canada en 2005, en tant que représentante de la Saskatchewan, et a été la première femme des Premières Nations et la première Canadienne d'origine chinoise à siéger au Sénat.
La sénatrice Lillian Dyck a occupé les fonctions de vice-présidente et de présidente du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones. Au cours de son mandat, elle s'est faite la championne des droits des Autochtones, de l'égalité des femmes et des politiques de lutte contre la discrimination. Elle a pris sa retraite du Sénat en 2020. Elle a été largement reconnue pour ses réalisations : elle a reçu 4 plumes d'aigle de la communauté autochtone, le Prix national d'excellence autochtone en science et technologie, le Prix d'excellence pour l'ensemble de ses réalisations de la YWCA, ainsi que divers diplômes honorifiques, et a été nommée Officier de l'Ordre du Canada en 2022.