Réforme des Services à l’enfance et à la famille des Premières Nations : Rencontres de la représentante spéciale de la ministre au Québec

Du 20 au 23 février 2017, la représentante spéciale de la ministre, Mme Wesley-Esquimaux, a rencontré des intervenants et des partenaires au Québec qui s'intéressent au processus de réforme des Services à l'enfance et à la famille des Premières Nations, notamment :

Les intervenants et les partenaires étaient invités à cerner ce qui devait être changé dans le Programme des services à l'enfance et à la famille des Premières Nations. Ce rapport présente un résumé des réunions tenues au Québec par Mme Wesley-Esquimaux, en plus de souligner les enjeux et les constatations clés.

Principales questions et conclusions

Jeunes

  • Les familles d'accueil et les parents adoptifs ont besoin de formation supplémentaire pour reconnaître les troubles de santé mentale chez les enfants et soutenir ces derniers (par exemple, par rapport au suicide et à l'automutilation) ainsi que pour faire face aux problèmes de consommation de drogues et d'abus d'alcool rencontrés à la maison.
  • Les jeunes souhaitent qu'on leur explique davantage pourquoi on les retire de leur famille, où ils vont et où leurs frères et sœurs seront placés.
  • Les jeunes veulent des ressources leur permettant de voir leurs parents ainsi que leurs frères et sœurs, y compris des visites avec nuitées.
  • Il faut offrir davantage d'activités récréatives et sportives dans les réserves, notamment pour jouer au hockey sans avoir à se déplacer.
  • Les jeunes ont besoin d'être mieux soutenus pour apprendre leur langue.
  • Les jeunes souhaitent pouvoir fréquenter l'école secondaire au sein de leur collectivité.

Organisations représentants les dirigeants des Premières Nations

  • Il est important de placer les enfants au sein des collectivités afin de préserver la culture et les langues autochtones.
  • Les fonds destinés à la prévention et à la guérison doivent être versés directement aux collectivités, et pas nécessairement aux organismes.
  • Le financement doit être plus souple afin de déterminer où les ressources sont requises, et avoir la possibilité de reporter les fonds d'un exercice à l'autre.
  • Consacrer du financement permanent pour la santé mentale et la prévention de la violence familiale, et ce financement ne doit pas seulement être fondé sur des propositions.
  • Donner suite aux pressions financières auxquelles sont confrontées les réserves à proximité des centres urbains, étant donné qu'elles doivent souvent aider des personnes provenant des régions non desservies par les gouvernements fédéral ou provinciaux.
  • Soutenir les diverses activités de prévention, y compris les installations récréatives où les jeunes et les aînés peuvent participer à des activités culturelles ensemble, tenir des activités rattachées aux ressources naturelles, comme des camps culturels pour les jeunes et des retraites familiales lors desquelles on enseigne la chasse, le piégeage, la pêche et la survie grâce aux ressources de la terre.
  • Offrir un meilleur soutien aux membres âgés de la collectivité afin qu'ils soient plus à même d'appuyer les jeunes générations.
  • Importance de subvenir aux besoins des enfants et des jeunes, notamment ceux qui sont atteints de handicaps, en leur offrant des ressources en matière de soins de santé, des évaluations précoces, les services d'éducateurs de la petite enfance, des écoles secondaires locales; par ailleurs, les services de soutien en santé mentale et de prévention du suicide ont besoin de fonds pour financer le logement, l'éducation, les maisons d'hébergement et les travailleurs communautaires.
  • Les collectivités souhaitent fournir des services à tous les membres des bandes, y compris ceux vivant à l'extérieur des réserves.
  • Importance de discuter avec les gouvernements d'autonomie gouvernementale et de gouvernance en ce qui concerne la santé et les services sociaux des Premières Nations du Québec.
  • Les organisations et les collectivités des Premières Nations souhaitent élaborer, diriger et gérer leurs propres programmes de services à l'enfance et à la famille, ainsi qu'avoir la compétence, l'autorité et le pouvoir d'élaborer leurs propres lois.
  • On souhaite que le gouvernement respecte la culture et les pratiques des Premières Nations, et prennent en compte la culture lors de l'élaboration de lois.
  • Il faut lutter contre le racisme, y compris le refus de fournir des services aux Autochtones.
  • On demande au gouvernement provincial qu'il revoie les critères relatifs aux familles d'accueil et qu'il les adapte à la réalité des collectivités (p. ex., changer les critères permettant de devenir travailleur social professionnel autorisé afin qu'ils incluent des compétences culturelles, afin de soutenir le recrutement et le maintien en poste dans les collectivités des Premières Nations).
  • Rétablissement de la Fondation autochtone de guérison pour soutenir les familles dans les réserves.

Membres des collectivités et conseils tribaux

  • Mettre sur pied de meilleurs processus d'évaluation et de suivi auprès des familles d'accueil, puisque, souvent, les enfants sont placés dans des familles d'accueil ou adoptives où il existe des formes de violence cachée.
  • Continuer d'offrir des services aux enfants même une fois qu'ils sont pris en charge de façon définitive.
  • Les programmes intégrés pour les enfants, les hommes, les femmes et les parents sont importants (par exemple, des programmes sur l'art d'être parents, les Alcooliques Anonymes, l'autonomie en matière de santé, les programmes avant et après la naissance ainsi que les centres pour les jeunes).
  • Combler les lacunes en aidant les parents avec le transport et la garde d'enfants (par exemple afin de se présenter à des rendez-vous).
  • Importance de s'attaquer aux différences entre les différentes administrations, de sorte que les Autochtones soient en mesure de recevoir des services de leur collectivité, peu importe s'ils vivent dans les réserves ou à l'extérieur de celles-ci.
  • Soutenir les jeunes de plus de 18 ans, notamment les aider à trouver un emploi et un logement.
  • Un plus grand nombre de programmes communautaires axés sur la violence et la santé (y compris la santé mentale et dentaire) soient offerts afin que les membres des collectivités n'aient pas besoin de se rendre dans les centres urbains.
  • Fonds pour préserver les langues.
  • Soutenir la guérison, rompre la « chaîne de traumatismes » ainsi que se libérer des « séquelles des sévices sexuels laissées par les pensionnats indiens ».
  • On souhaite qu'un plus grand nombre de possibilités d'emploi et de services professionnels soient fournis en anglais dans certaines régions.
  • Assurer une plus grande représentation autochtone, par exemple dans les écoles : « permettre aux Premières Nations de prendre soin des gens des Premières Nations ».

Organismes de services à l'enfance et à la famille, travailleurs sociaux et travailleurs spécialistes du mieux-être

  • Importance de permettre aux enfants des Premières Nations qui ont été extirpés de leur collectivité de renouer avec leur culture.
  • Les enfants autochtones qui sont pris en charge ont besoin de l'appui de personnes autochtones de leur âge, y compris d'un accès à des mentors et à du soutien par les pairs en personne ou en ligne.
  • Offrir davantage de formation sur la sensibilisation culturelle aux familles d'accueil et aux travailleurs sociaux afin de mieux aider les enfants autochtones en famille d'accueil pour qu'ils puissent garder un lien avec leur culture.
  • Offrir plus de programmes de formation aux Autochtones pour qu'ils puissent devenir des travailleurs sociaux.
  • On souhaite que soient apportés des changements afin d'améliorer le choix des familles d'accueil.
  • Davantage de financement pour les travailleurs communautaires.
  • Offrir plus de services en anglais dans certaines régions et éliminer certains obstacles linguistiques, y compris dans les foyers de groupe où l'on offre des services professionnels, de façon à ce que les enfants ne soient pas envoyés dans d'autres villes ou provinces, loin de leur famille et de leur collectivité.
  • Lutter contre le racisme institutionnel.
  • Le financement doit être plus souple, stable (continu) et prévisible, et non pas fondé sur des propositions, en particulier en ce qui a trait à la prévention.
  • Il faut financer le logement et les infrastructures, y compris les services à l'enfance et à la famille, les bureaux des organismes, les centres de traitement familial, les centres jeunesse et les refuges.
  • Il faut mettre sur pied des cercles de soutien pour aider les familles en crise, des centres de guérison, des centres de santé mentale ainsi que des services de garde d'enfants et de répit pour les parents (par exemple, pour les parents qui participent aux programmes).
  • Il faut modifier les normes et les lois provinciales afin qu'elles reflètent les besoins et les pratiques autochtones, qu'elles soient moins rigides et qu'elles allouent aux parents plus de temps pour leur permettre d'apporter les changements nécessaires avant que leurs enfants soient pris en charge.
  • On souhaite que les gouvernements fédéral et provinciaux collaborent davantage pour fournir des services dans les réserves et à l'extérieur de celles-ci, afin que les enfants et les familles puissent avoir accès aux services peu importe où ils résident.
  • Il faut se pencher sur les effets découlant de la prise en charge des nouveau-nés à la naissance.

Province

  • Il est important de renouveler les travaux tripartites (travaux réunissant les provinces, le gouvernement fédéral et les Premières Nations) visant à combler les lacunes en matière de services.
  • Il faut reconnaître la nécessité d'apporter des changements à la loi de façon à reconnaître et à préserver l'identité culturelle des enfants, et afin d'offrir aux organismes et aux collectivités des Premières Nations davantage de pouvoirs et une plus grande latitude en matière de gouvernance.
  • Il faut reconnaître l'importance de l'identité culturelle et des intérêts des enfants et des familles autochtones dans le cadre des efforts visant à régler le problème de la surreprésentation des enfants autochtones pris en charge.
  • La province documente mieux la situation des enfants autochtones, grâce à la collecte de données, à la recherche et à l'analyse.
  • La province soutient le recrutement d'un plus grand nombre de familles autochtones pour qu'elles deviennent des familles d'accueil.

Principaux thèmes

Un certain nombre de thèmes se sont dégagés des discussions avec les intervenants et les partenaires.

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